Entre l'action et la contemplation
Une fois par mois, Métro propose, en collaboration avec le projet Alliés Montréal de la Conférence régionale des élus de Montréal (CRÉ), des portraits de personnes immigrantes qui ont réussi à s’intégrer dans leur milieu de travail. Entretien avec Julie Guichard.
Lorsqu’elle parle de sa terre natale, on croirait qu’elle parle du paradis. On l’écouterait pendant des heures évoquer les splendeurs de son île : le lagon et les cascades, le rouge de la plaine des sables et des coulées de lave du volcan, le récif de corail, les champs de canne à sucre, le paille-en-queue et l’oiseau tui-tui. Mais pourquoi diable Julie Guichard a-t-elle quitté La Réunion? Eh oui, pour travailler au Québec.
«À vrai dire, c’est un peu un hasard si je me suis retrouvée ici, à Montréal. Je devais faire un stage pour compléter ma formation universitaire en Sciences de l’éducation, entreprise à Toulouse, en France. Mon directeur de stage connaissait cette entreprise québécoise, qui avait déjà reçu une étudiante du même programme. Je me suis dit : pourquoi pas!» Trois mois après le début de son stage, en juin 2010, Julie Guichard était engagée à titre d’employée.
Aujourd’hui, elle est conseillère aux membres chez FormaPlus, une boîte qui œuvre dans la gestion et le développement des ressources humaines. Elle qui détient une spécialisation en ingénierie de la formation a vraiment trouvé chaussure à son pied avec cette entreprise située à Pointe Saint-Charles.
«J’ai été très bien accueillie ici. Rapidement, on m’a confié des dossiers. Nous avons près de 80 clients, toutes des entreprises du sud-ouest de l’île qui n’ont pas de services de ressources humaines. Mon travail est d’aller à leur rencontre, de discuter avec eux pour évaluer leurs besoins et, ensuite, de trouver des solutions.»
En France, de nombreux programmes existent en matière de planification stratégique, de gestion prévisionnelle, de plans de relève et de formations en ressources humaines. Julie Guichard constate que ce secteur d’activités n’est pas aussi bien développé ici. «De nombreux programmes qui existent en France pourraient être importés et adaptés à la réalité québécoise. J’ai beaucoup d’idées en tête et je crois que de beaux défis m’attendent dans les années à venir. C’est très stimulant.»
Si elle contemple avec enthousiasme les horizons de sa vie professionnelle, Julie Guichard aime aussi admirer ceux de sa terre d’accueil. Elle en connaît d’ailleurs plus de la Belle Province que la plupart des Québécois. «Il y a des paysages remarquables ici. Très différents de ceux de La Réunion, mais aussi de la France. J’aime voir toutes ces eaux et ces forêts. Je trouve formidable d’avoir quatre saisons bien marquées et d’observer la nature changer. Hiver comme été, à Montréal comme en région, je fais de longues balades pour m’imprégner de tous ces paysages aussitôt que j’en ai l’occasion.»
Bien évidemment, Julie a eu quelques surprises depuis son arrivée au Québec. Elle a découvert à ses dépens que les vents d’hiver pouvaient causer de sérieuses brûlures et qu’il valait mieux se méfier des animaux comme les écureuils, les mouffettes et les ratons laveurs. Mais rien pour la dissuader de rester encore cinq bonnes années.
L’émission de Radio Canada
International Tam-Tam Canada a produit une version radio de ce reportage
que vous pouvez trouver sur le site web de l’émission au www.rcinet.ca/francais.
Aussi diffusé en direct aujourd’hui à 14 h 05, sur la radio web de RCI,
sur la radio satellitaire Sirius sur la bande 95 et le lendemain à 4h
au 95,1 FM.