La fusion des ordres, une révolution?
L’univers de la comptabilité québécoise est à l’aube d’un grand bouleversement. Si tout va bien, le gouvernement devrait permettre, en avril, la fusion des titres CA, CGA et CMA, et la création d’un titre unique, le CPA (comptable professionnel agréé).
«Ce n’est pas la première fois qu’on en parle. La différence, cette année, c’est que la conjoncture est parfaite», lance le PDG des CMA, François Renaud. Il faut dire qu’avec la mondialisation et la création de normes comptables et de normes d’audit internationales (125 pays, dont le Canada, y ont adhéré ou sont en voie de le faire), le climat est favorable.
«Même si nous sommes les premiers à le faire au Canada, nous nous inscrivons dans la tendance mondiale», explique le président de l’Ordre des CA, Daniel McMahon. «Dans un univers en pleine mondialisation, nous ne pouvions pas continuer à avoir chacun nos ordres», ajoute-t-il.
Après la fusion, le nouvel organisme représentera plus de 34 000 membres. Il sera le troisième ordre professionnel en importance au Québec, rappelle la présidente de l’ordre des CGA, Paulette Legault. «Avec une voix unique, nous aurons beaucoup plus d’influence.» Mais au-delà de l’internationalisation de la profession, la fusion vient refléter une réalité de la profession.
«Nos membres respectifs se retrouvent dans les mêmes entreprises, ils font les mêmes tâches, et nous avons tous la même base en comptabilité», continue-t-elle. «La fusion va permettre aux CGA, aux CMA et aux CA de parler le même langage, d’avoir les mêmes normes», s’empresse d’ajouter M. McMahon.
Cette fusion va aussi mettre fin à la confusion des non-initiés. «Plus besoin de connaître les spécialités d’un CA, d’un CGA, d’un CMA. En engageant des CPA, les entrepreneurs auront des professionnels de la comptabilité avec la même formation, le même code d’éthique et la même réglementation», précise Mme Legault. Présentement en tournée de consultation, les trois présidents sont satisfaits de la réaction de leurs membres.
«Ils voient les avantages de la fusion. En outre, elle ne signifiera pas la suppression des titres existants. Ils y sont donc plus ouverts», précise François Renaud. Cela dit, les nouveaux membres n’auraient que le titre de CPA.
La révolution comptable ne transformera donc pas le milieu de la comptabilité. Elle ne fera que simplifier une situation complexe, concluent les trois présidents.