Immigrant, une qualité requise
La valeur ajoutée du travailleur étranger est inestimable dans certains domaines professionnels. Recruteuse en technologie de l’information (TI) au CN, Sandra Weissgerber nous en dit plus sur le sujet.
Pour ce qui est du
personnel, qu’apporte la diversité en entreprise?
Principalement, l’ouverture d’esprit chez les employés. C’est une valeur ajoutée au quotidien, aussi bien du point de vue des personnalités que des façons de réfléchir et de voir les choses. Pour l’entreprise, on parle aussi de la gestion du savoir-faire. Cela lui permet d’être plus performante et d’innover.
Quel est le plus gros défi qui doit relever un immigrant qui arrive au Canada?
Sans nul doute, apprendre à connaître la culture et la communication. Même s’il y a beaucoup de diversification dans le milieu professionnel, la culture reste canadienne. Il faut s’adapter et faire attention à la façon de dire les choses et à la façon de les faire. Pour un immigrant, ce n’est pas toujours évident de comprendre pourquoi des actions se font et d’autres pas, car il a, en premier lieu, la vision des choses qui prévaut dans son pays d’origine.
«Même s’il y a beaucoup de diversification dans le milieu professionnel, la culture reste canadienne. Il faut s’adapter et faire attention à la façon de dire les choses et à façon de les faire.» – Sandra Weissgerber, recruteuse en technologie de l’information
Vous être vous-même immigrante. Est-ce que cela vous a incitée à soutenir les nouveaux arrivants?
Oui. En étant mentor au sein du programme Interconnexion de la Chambre de commerce de Montréal, je parraine en ce moment deux femmes dans le domaine de la TI. Je les aide à mieux définir leurs projets, à voir de l’autre côté de la barrière pour les préparer aux entretiens d’embauche, à savoir ce qu’elles peuvent faire pour décrocher une entrevue, et donc un emploi. Je m’applique aussi à les décomplexer d’être immigrantes et de faire ainsi la promotion de mon métier de recruteur en leur disant qu’on n’est pas tous des méchants. Il faut juste que le besoin corresponde à la demande.
En arrivant au Canada, vous aviez également profité de ce genre de mentorat?
Non, j’ai tout fait seule comme une grande! Néanmoins, j’avais un ami qui travaillait dans une agence de placement, qui m’avait montré un CV type pour que je puisse adapter le mien. Ce qui fait que je suis aussi beaucoup plus intransigeante avec les immigrants qui disent ne pas être au courant des choses à faire. Il faut se renseigner d’abord. Je préfère quelqu’un qui ne sait pas, mais qui va tenter des choses et qu’on va pouvoir aider, plutôt que quelqu’un qui se cache derrière un «je ne sais pas» et qui fait de l’immigration un handicap.
Quels conseils donneriez-vous aux nouveaux
arrivants?
Qu’ils restent eux-mêmes et qu’ils croient en eux. Qu’on vienne d’Inde, de France ou d’ailleurs, on a tous des forces. Il faut se baser sur ces forces-là et être motivé.
Chaque mois, Métro publie, en collaboration avec la Chambre de commerce du Montréal métropolitain et son programme Interconnexion, des exemples d’intégration professionnelle réussie.