Ne prenez rien pour du cash!
L’information qu’on transmet aux étudiants sur les débouchés professionnels n’est pas toujours juste ou neutre. Il faut apprendre à être prudent.
Récemment, un jeune client me demandait s’il lui était possible de présenter une demande d’admission au baccalauréat en agronomie après avoir complété un DEC en gestion et en exploitation d’entreprise agricole. On lui avait expliqué, au cégep qu’il fréquentait, qu’il pourrait poursuivre des études universitaires en agronomie après son DEC. Une toute petite recherche lui aurait permis de constater qu’il était en effet possible de continuer en agronomie après un DEC, mais seulement si on a complété au préalable un certain nombre de cours en sciences de la nature. Mon jeune client m’a expliqué que cela ne lui avait jamais été mentionné et qu’il avait eu l’impression qu’il pouvait s’inscrire à l’université en agronomie sans autre préalable. Il s’est montré plutôt déçu lorsque j’ai dû corriger cette information erronée.
Des histoires similaires à celle-ci se répètent fréquemment dans mon bureau. Il me faut souvent corriger des informations fautives que mes clients ont assimilées. Parfois, ce n’est la faute de personne d’autre que du client lui-même, qui fabule et qui s’est imaginé des choses. Par exemple, plusieurs de mes clients adultes ont décroché de l’école et accepté un emploi en s’imaginant qu’il leur serait possible de bien gagner leur vie sans diplôme. Ils déchantent de 8 à 10 ans plus tard lorsqu’ils réalisent qu’ils sont coincés dans des emplois sous-qualifiés, donc mal rémunérés, et consultent pour un retour aux études.
Dans bien d’autres cas néanmoins, on a transmis de l’information imprécise ou inexacte à de jeunes étudiants. C’est particulièrement vrai en ce qui concerne les débouchés des formations. Souvent, les établissements d’enseignement présentent un peu trop le bon côté des choses, au détriment de la capacité de leurs étudiants à formuler des choix éclairés. Dans l’exemple ci-dessus, l’intervenant du cégep qui a laissé entendre à mon client qu’il pouvait devenir agronome après son DEC n’a pas à proprement parler menti, mais il n’a certainement pas dit toute la vérité non plus. Peut-être a-t-il simplement répété ce qu’il croyait être un fait sans l’avoir vérifié? Ou encore ne croyait-il pas nécessaire de mentionner les autres préalables, puisqu’il ne s’agissait que d’une demande générale d’information? Une chose est sûre, mon client aurait bien aimé recevoir toute l’information pertinente dès sa première demande.
Il faut savoir que ceux qui nous donnent de l’information sur les formations et leurs débouchés ne sont pas toujours neutres. Lorsqu’ils travaillent pour un établissement d’enseignement, on s’attend souvent à ce qu’ils moussent les formations offertes par ce dernier, surtout s’il s’agit de formations qui peinent à attirer la clientèle. En effet, sans clientèle suffisante, une formation est tôt ou tard appelée à disparaître, avec toutes les complications qui s’en suivent.
La morale de cette histoire est qu’il ne faut jamais prendre l’information pour du cash et toujours chercher à la corroborer, sinon on risque d’avoir de bien mauvaises surprises plus tard.