La reprise n’était pas pour tous
La crise de 2008 est derrière nous, mais ce ne sont pas tous les secteurs d’activité économique qui ont retrouvé les emplois perdus. Quels sont ceux qui présentent de bonnes perspectives d’emploi depuis?
D’après une étude de Statistique Canada parue ce mois-ci (Variation de l’emploi par industrie lors du repli et de la reprise), il aura fallu à l’économie canadienne 18 mois pour récupérer les 431 000 emplois perdus entre octobre 2008 et juillet 2009. La reprise de l’emploi s’est étendue jusqu’en janvier 2011.
Pendant la reprise, environ la moitié des secteurs d’activité ont récupéré des emplois. Certains ont retrouvé à peu près tous ceux qu’ils avaient perdus. Ces secteurs d’activité sont le commerce, la construction, le transport et l’entreposage et les services publics (gaz, eau, électricité, etc.). L’emploi y est revenu à son niveau d’avant 2008 au fur et à mesure que le niveau d’activité revenait lui aussi.
Dans d’autres industries, l’emploi est revenu, mais pas à son niveau d’avant 2008. C’est le cas dans la fabrication, qui a perdu 11 % de ses emplois durant la récession, mais n’en a récupéré que 3 % durant la reprise. La dernière crise a donc accentué la tendance déjà vieille de plusieurs décennies à la diminution de l’emploi dans ce secteur. Les ressources naturelles, soit l’exploitation des mines et la foresterie, ont fait assez piètre figure, car elles ont perdu 8 % de leurs emplois durant la récession et n’en ont récupéré que 5 %. Néanmoins, l’emploi dans ces secteurs pourrait très bien continuer à augmenter au cours des prochains mois.
Ensuite, un certain nombre de secteurs ont non seulement récupéré les emplois qu’ils avaient perdus durant la récession, mais en ont ajoutés durant la reprise. Il s’agit des services scientifiques et techniques (génie, comptabilité, publicité, droit) et des services aux entreprises (placement du personnel, sécurité, entretien, etc.).
Plus impressionnants encore sont ces secteurs d’activité qui ont réussi à ajouter des emplois durant la récession au lieu d’en perdre et ont continué lors de la reprise. Ces secteurs sont l’enseignement, la santé, les services sociaux et le secteur de l’information, qui inclut les télécommunications et les services internet. L’emploi dans ces secteurs a donc montré sa capacité à résister à une récession. À l’inverse, des domaines ont non seulement perdu des emplois durant la récession, mais ont continué à en perdre durant la reprise. Il s’agit de l’agriculture, de l’hébergement et de la restauration. Ceux-là ont montré une incapacité à créer et à maintenir des emplois, quelles que soient les circonstances économiques.
Depuis la récession de 2008, le marché du travail demande donc plus de travailleurs dans des secteurs où le niveau d’éducation requis est souvent élevé, comme la santé et les services professionnels, et moins dans les secteurs exigeant généralement un niveau d’éducation plus faible, comme la fabrication ou l’hébergement. Encore une fois, cette étude montre que le marché du travail tend généralement à favoriser ceux qui ont le plus de formation.