Il faut améliorer les compétences des diplômés
Des milliers d’étudiants commenceront d’ici peu leurs études universitaires, dans l’espoir d’obtenir un jour un bon emploi. Néanmoins, environ 35 % d’entre eux recevront un diplôme d’un programme dont les perspectives sont pauvres et risquent fort d’être privés de l’emploi de leurs rêves. Ces programmes, parfois décrits comme académiques, présentent de mauvais taux de placement selon la dernière Relance universitaire du ministère de l’Éducation. Il s’agit par exemple de philosophie, sciences sociales, lettres, etc.
Au contraire, et il en a été plusieurs fois question dans cette chronique, les diplômés des programmes professionnels, qui forment aux compétences exigées par une fonction précise, se débrouillent beaucoup mieux sur le marché de l’emploi. Toujours selon la Relance, les programmes qui présentent les meilleurs taux de placement incluent d’ailleurs l’administration, le génie et la finance, année après année.
Devant ce phénomène, ma stratégie a été de conseiller aux futurs étudiants de choisir leur formation avec soin. Il leur faut non seulement choisir en fonction de leur personnalité, au risque autrement de ne pas terminer leur formation, mais aussi en fonction des occasions présentes sur le marché du travail, pour éviter de se retrouver un jour le bec à l’eau.
Prendre cette décision n’est vraiment pas facile pour des jeunes qui connaissent mal le marché. S’il est possible de les aider à faire des choix judicieux, on se demande parfois pourquoi l’odieux de cette situation semble complètement reposer sur leurs épaules. Ne fait-il pas partie du rôle des universités de créer des liens concrets entre le marché du travail et TOUS les programmes de formation? N’est-ce pas une partie intrinsèque de leur rôle de fournir à TOUS les jeunes des compétences qui leur permettront de s’insérer en emploi?
Les professeurs d’université savent beaucoup de choses, mais j’en ai entendu plus d’un admettre qu’ils ne savent souvent pas comment les savoirs qu’ils prodiguent pourraient un jour se montrer utiles en emploi. Alors que de l’autre côté, le marché carbure de plus en plus aux compétences utiles rapidement, pas aux savoirs.
Récemment, plusieurs suggestions ont été faites pour améliorer les compétences des diplômés. Une des plus intéressantes est celle d’une formation parallèle ouverte à tous les étudiants et offrant des badges, comme chez les scouts.
Il s’agirait d’identifier des compétences souvent requises par les employeurs et d’instaurer des ateliers ou des tutoriels permettant de les acquérir. Il pourrait y avoir un badge en «Programmation HTML de base», un autre en «Présentations Powerpoint efficaces», un autre en «Marketing par courriel»… Vous voyez le genre!
Simples à instaurer, ces badges permettraient à eux seuls de rendre nos diplômés beaucoup plus employables.