Le sommet de Copenhague s'ouvre lundi: l'heure de vérité
Il y a deux ans, les nations du monde entier se sont rencontrées à Bali, en Indonésie, pour discuter de la façon de mettre un terme au réchauffement planétaire. À partir de ce week-end, elles reprendront leurs discussions pour déterminer les mesures qui doivent être prises pour y parvenir. À quoi peut-on s’attendre?
«Tous les pays reconnaissent l’urgence de la situation, déclare Bob Ward, directeur des politiques et des communications à l’Institut de recherche Grantham. Mais la rencontre préparatoire de Barcelone, qui a eu lieu en novembre, n’a pas permis d’établir un projet de traité contraignant qui aurait pu être ratifié au sommet de Copenhague. Le but est maintenant de parvenir à un accord politique.»
L’Institut de recherche Grantham, un groupe de réflexion londonien qui se consacre à la recherche sur les changements climatiques, est présidé par Lord Nicholas Stern, l’auteur du Rapport Stern sur l’économie du changement climatique, publié en 2006. En 2007, la plupart des pays espéraient pouvoir signer un traité contraignant à Copenhague. «Quand les Américains ont élu Barack Obama, cela a suscité de grands espoirs pour le sommet de Copenhague, poursuit M. Ward.
L’administration Bush n’avait pas participé de façon active aux précédentes discussions sur les changements climatiques. AujourÂd’hui, toutefois, cet optimisme a beaucoup diminué, notamment à cause de la récession et parce que les progrès touchant les questions climatiques sont très lents aux États-Unis. À cela il faut ajouter que les AméÂricains ont l’impression qu’on leur demande d’effectuer des réductions de leurs émissions de gaz à effet de serre plus importantes que ce dont ils sont capables.»
Toujours comme ça
«Les pays développés, en particulier les États-Unis, ont minimisé les attentes des gens à l’égard du sommet de Copenhague, indique Cindy Baxter, spécialiste des changements climatiques chez Greenpeace. Mais c’est toujours comme ça avant un sommet sur le climat. Les pays riches ont déjà dit que le sommet de Kyoto n’aurait jamais lieu, puis ils ont répété que le Protocole de Kyoto ne serait jamais ratifié. Nous avons cependant observé de nombreux progrès depuis Bali. Nous avons entre autres pu voir que la Norvège, le Japon et l’Australie avaient décidé de jouer un rôle plus constructif, et que, de façon générale, les pays développés allaient dans la bonne direction.»
Le Protocole de Kyoto
En vertu du Protocole de Kyoto, 37 pays industrialisés (ainsi que l’Union européenne en tant qu’entité unifiée, mais pas les États-Unis) s’engagent à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) de 5 % en moyenne par rapport à leur niveau de 1990. Le Protocole de Kyoto arrive cependant à échéance en 2012. Au sommet de Copenhague, les représentants de 192 gouvernements essaieront de s’entendre sur un traité qui prendrait le relais de celui de Kyoto.
Un accord ou pas? Les divers scénarios possibles à Copenhague
Au cours de la ConféÂrence de Copenhague, l’opposition entre les 189 signataires du Protocole de Kyoto et les États-Unis sera vive. Les signataires de Kyoto souhaitent en effet parvenir à un traité qui fasse suite au protocole, tandis que les États-Unis ne veulent rien savoir d’une pareille entente. La CDP 15 sera aussi l’occasion de disputes entre les pays développés – qui sont les plus importants émetteurs de gaz à effet de serre (GES) – et les pays en développement. Mais que va, ou que peut, donner la conférence de Copenhague? Voici une liste des conclusions possibles.
• Aucun accord : le sommet se termine en ne laissant qu’un seul espoir, celui que les discussions reprennent en 2010.
• Une décision : il s’agit de l’entente la moins contraignante, mais celle-ci peut avoir un certain mordant si le sommet présente un bilan solide (prises de position, dynamisme des discussions, etc.).
• Un «accord d’exécution» politique : ce type d’accord est préconisé par les États-Unis. Il ne s’agit pas d’un traité juridiquement contraiÂgnant, mais d’une entente dans le cadre de laquelle chaque pays définit ses propres objectifs.
• Un nouveau traité juridiquement contraignant (Protocole de Copenhague) : ce traité remplace le Protocole de Kyoto et inclut de nouveaux enjeux, notamment l’adaptation aux changements climatiques. Il prévoit des mesures juridiquement contraignantes pour les pays développés et les plus importants pays en développement.
• Deux protocoles : le ProÂtoÂcole de Kyoto est amendé et un nouveau traité juridiquement contraignant (tel que décrit ci-dessus) est établi. La plupart des pays développés préconisent cette solution.
Source : Institut international pour l’environnement et le développement (IIED)