Stephen Harper perd des appuis dans la lutte aux gaz à effet de serre
Moins d’une semaine après que Jim Prentice eut déclaré que la cible du Canada pour Copenhague «est claire, tout comme son plan et sa politique, et ils ont l’appui des Canadiens», un sondage commandé par Équiterre vient contredire le ministre fédéral de l’Environnement.
Selon les données publiées aujourd’hui par l’organisme écologiste, le premier ministre Stephen Harper n’a plus que l’appui de 26 % de la population canadienne dans le dossier des cibles de réduction de gaz à effet de serre (GES) fixées par le pays en vue du Sommet de Copenhague.
Invités à commenter l’affirmation «le gouvernement fédéral devrait se donner des cibles plus ambitieuses, d’un niveau comparable à celui de provinces comme le Québec (-20%), l’Ontario (15%) et la Colombie-Britannique (-14%)», 48 % des répondants ont indiqué être tout à fait d’accord. Au Québec, pas moins de 87 % des répondants se sont dits en accord avec l’affirmation.
«Sondage après sondage, on constate que la position du gouvernement Harper ne représente pas l’opinion des Québécois et des Canadiens. Les intérêts de la vaste majorité des citoyens sont ignorés, a souligné par voie de communiqué Steven Guilbeault, porte-parole d’Équiterre. Si le gouvernement Harper ne parle pas au nom des Canadiens, il ne peut pas non plus parler au nom des parlementaires, ni de la très grande majorité des provinces ont fixé des cibles beaucoup plus ambitieuses, ni même d’une majorité d’entreprises canadiennes. Qui son gouvernement défend-t-il ici à Copenhague?»
Le Canada propose, pour l’instant, une cible de réduction des GES équivalent à environ 3 % comparativement à l’année de référence 1990. Le pays est par ailleurs toujours sévèrement critiqué par des organismes internationaux pour son manque de leadership dans le dossier des changements climatiques.
Depuis l’ouverture du Sommet de Copenhague, lundi, le Canada a reçu trois Prix fossiles. Ces prix, remis par Réseau action climat, une coalition de plus de 400 organisations non gouvernementales, vise à souligner le manque d’ouverture et de collaboration de certains pays dans les discussions.
Le sondage web a été réalisé du 30 novembre au 2 décembre 2009 auprès d’un échantillon représentatif de 1502 Canadiens. La marge d’erreur est d’environ 2,53%, 19 fois sur 20.