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Le yoga chaud, mieux que le yoga tout court?

Pascal Forget - Le Détecteur de rumeurs - Agence Science-Presse

Si le yoga est une pratique à la mode, le yoga chaud, souvent appelé Bikram, est hot au vrai sens du terme. C’est une forme de yoga pratiquée dans une salle chauffée à une température qui peut dépasser 40 degrés Celsius. Un lecteur a demandé au Détecteur de rumeurs si c’était vraiment plus efficace que le yoga tout court.

L’origine de la rumeur

Le yoga chaud n’est pas une pratique ancienne: il a été inventé par Bikram Choudhury, d’où son nom de yoga bikram, dans les années 1970.

Les pratiquants affirment que la pratique du yoga dans une pièce chauffée à plus de 40 degrés Celsius (avec 40% d’humidité) aiderait à la détente, à délier les muscles, à améliorer son cardio et même à perdre du poids.

Certains affirment aussi que l’abondante transpiration pendant la session permettrait d’éliminer des toxines. Or, c’est un mythe: le Détecteur de rumeurs a déjà souligné que le fait de transpirer ne permet pas d’évacuer les toxines.

Les faits

La détente et le bien-être sont des notions très subjectives. Mais le yoga bikram peut y contribuer. Une étude de 2018 sur des adultes sédentaires indique que sa pratique pendant 16 semaines a diminué le niveau de stress mesuré des participants. Une revue de 23 études indique que la pratique régulière du yoga pourrait être efficace pour diminuer les symptômes de la dépression. Mais cette revue de la littérature porte sur le yoga en général, bikram ou pas.

La recherche médicale a confirmé depuis longtemps que la chaleur peut améliorer la flexibilité des muscles et des ligaments. En suivant cette idée, des chercheurs avaient conclu en 2013 que la flexibilité des muscles des participants à des sessions de yoga chaud s’était améliorée après huit semaines de pratique, au niveau des épaules, du bas du dos et des ischiojambiers (les muscles derrière la cuisse). Mais l’étude n’indiquait pas si l’avantage provenait du yoga lui-même ou du fait de pratiquer une activité dans une pièce chauffée.

Pour ce qui est du cardio, une étude publiée en 2018 n’a pas démontré qu’il y avait un avantage marqué à la pratique du yoga dans une pièce chauffée. On a entre autres mesuré la dilatation des vaisseaux sanguins pour évaluer la fonction endothéliale, un indicateur de santé cardiovasculaire.

Les participants ont été divisés en trois groupes; deux groupes ont fait la même séquence de mouvements de yoga bikram trois fois par semaine, pendant 12 semaines, pour une durée de 90 minutes. Le troisième groupe servait de contrôle et ne faisait pas d’activité particulière. Pendant la pratique du yoga, un groupe était dans une pièce à 40,5 degrés (la température typique d’une salle de yoga chaud), un autre dans une pièce à 23 degrés, représentative d’une salle de yoga régulier.

Les deux groupes ont eu une amélioration «similaire» de leur santé cardiovasculaire par rapport au groupe de contrôle — quoique limitée dans les deux cas. Les auteurs en concluent que l’amélioration, si elle est réelle, est due à l’activité plutôt qu’à la chaleur. L’étude laisse toutefois supposer qu’il pourrait y avoir un avantage pour ce qui est de la perte de poids : on y constate une diminution légèrement supérieure du taux de gras corporel chez les pratiquants du yoga chaud.

Par ailleurs, plusieurs reportages ont déjà mis en garde contre la pratique du yoga chaud, invoquant des risques de coups de chaleur ou de blessures aux articulations et aux muscles si l’on dépasse ses limites. Les risques d’infections sont aussi plus élevés: une salle chaude et humide est propice à la croissance bactérienne.

Verdict

Le yoga chaud peut peut-être contribuer à diminuer le stress ou à améliorer son cardio, mais il n’y a pas de preuves comme quoi il apporte plus de bénéfices que le yoga tout court.


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Trucs pour conserver une bonne santé mentale et physique

La pandémie de la COVID-19 et le confinement ont eu plusieurs effets néfastes sur la santé mentale et physique, souligne l’Alliance canadienne de kinésiologie. Toutefois, il y aurait plusieurs moyens simples de les combattre.

«Depuis le début de la pandémie, on a noté une augmentation de l’obésité. Des études démontrent qu’il y a une augmentation de 5 lb (2,26 kg) par personne depuis le premier confinement», relate la kinésiologue et administratrice de la Fédération des kinésiologues du Québec, Marie-Ève Corriveau.

Un élément auquel il faut faire attention, selon elle, puisque l’obésité est un des facteurs susceptibles d’augmenter le risque de développer des complications graves à la COVID‑19.

La pandémie amène aussi son lot de stress et fait monter le niveau d’anxiété de bien des gens, a-t-elle constaté.

Selon Mme Corriveau, ces problèmes sont surtout liés aux changements dans les habitudes de vie liés au confinement, dont le recours généralisé au télétravail.

«On ne sort plus pour aller au boulot en marchant ou en prenant le vélo. Les gens restent à la maison. Les horaires ont changé, ça peut aussi mener à une modification de l’alimentation», explique-t-elle.

Pour la kinésiologue, il est important de garder une bonne forme physique, ce qui peut empêcher l’apparition de maladies ou réduire les complications.

«Lorsqu’on est en forme, on peut mieux affronter les stress. On le sait, la pandémie est un facteur de stress très puissant parce que c’est de l’inconnu et on n’a aucun contrôle sur plusieurs aspects. La seule chose sur laquelle on a le contrôle, c’est sur nos habitudes de vie», dit la professionnelle de la santé.

Conseils

Afin de passer à travers le confinement, Marie-Ève Corriveau recommande de pratiquer une activité physique au moins 150 minutes par semaine, l’équivalent de 30 minutes par jour.

«Il est aussi possible de fractionner le temps d’entraînement. Le matin, on peut par exemple faire un programme de yoga ou d’exercices musculaires. Puis, sur l’heure de dîner, aller faire une marche dynamique et faire une danse le soir pour lâcher son fou», dit-elle.

Mme Corriveau ajoute qu’il est important de le faire dans le plaisir et non dans la performance.

Elle enjoint également les gens à consulter un kinésiologue, dont les séances peuvent se dérouler en télémédecine afin de démarrer ou reprendre un programme d’exercice.

«Ce qu’il faut retenir, c’est de se réinventer, de devenir créatif.» – Marie-Ève Corriveau

«La kinésiologie, c’est l’étude du mouvement humain. On est des spécialistes de l’activité physique et de la remise en condition», précise Mme Corriveau.

D’ailleurs, de plus en plus de médecins recommandent à ceux qui récupèrent des séquelles laissées par la COVID-19 de consulter un kinésiologue.

Plusieurs compagnies d’assurance collective reconnaissent désormais ce service au même titre que les physiothérapeutes et les massothérapeutes.

4 300

Nombre de membres en règle de l’Alliance canadienne de kinésiologie (ACK).


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COVID-19: baisse importante du niveau d’activité physique chez les jeunes

Depuis le début de la crise sanitaire, un adolescent québécois sur deux, âgé de 14 à 17 ans, a connu une réduction de son niveau d’activité physique. Un récent sondage Léger, réalisé pour le compte de la Coalition Poids, fait état de la situation.

  • Un adolescent sur deux a diminué sa pratique d’activité physique (53%);
  • 20% ont beaucoup diminué;
  • 33% ont un peu diminué.

Depuis plusieurs années, des organismes recommandent au gouvernement de favoriser le temps actif à l’école, notamment en augmentant et en rendant obligatoire un temps minimal consacré aux cours d’éducation physique et à la santé.

Les jeunes montréalais sont plus nombreux à rapporter une diminution de leur activité physique:

  • 58% dans la région de Montréal;
  • 54% dans la région de Québec;
  • 46% dans l’ensemble des autres régions.

Le manque d’accessibilité aux infrastructures (parc, terrains sportifs, trottoir, pistes cyclables) depuis le début de la crise a été identifié comme un frein à la pratique d’activité physique pour 45% des jeunes.

Alors que le temps d’écran pour des fins de loisir était déjà très élevé pour plusieurs adolescents avant la COVID, la crise l’a fait augmenter pour 77% d’entre eux.

Pour deux adolescents sur trois, l’absence de cours d’éducation physique et à la santé à l’école a eu un impact sur la réduction de leur niveau d’activité physique. Les ressources en ligne proposées par les écoles n’ont pas eu l’influence escomptée pour les motiver à s’activer.

Sur une note plus positive

64% des jeunes indiquent que le soutien de leurs parents a eu une influence positive sur leur niveau d’activité physique depuis le début de la crise. Les parents peuvent aussi avoir un impact positif sur la gestion du temps d’écran des jeunes, en effet l’environnement familial joue un rôle déterminant.

Ressources destinées aux jeunes et aux parents

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