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Une bière en rando, une fausse bonne idée?

bière randonnée
Une bière en randonnée. Photo: Istock
Annie Lafrance  - Collaboration spéciale 

Vous aimez ouvrir une bouteille de vin ou une bière de micro durant ou après votre randonnée? Vous n’êtes pas seul. Cette pratique semble gagner en popularité, bien qu’elle ne soit pas encouragée. Car, avouons-le, il peut être grisant de déguster son alcool préféré au sommet d’une montagne escarpée ou après une longue randonnée. 

Ce n’est pas d’hier qu’on craque une bière après l’activité physique. Bon nombre d’études américaines démontrent que les sportifs s’avèrent des buveurs réguliers. Des chercheurs avancent même que la quête de l’adrénaline ou de l’intensité renforce la consommation d’alcool, rapporte un article paru dans le journal Frontiers in Psychiatry. 

Pour Bianca Pomerleau, boire une bière en montagne fait partie des plaisirs de la randonnée. L’auteure du guide Randos bière au Québec, paru récemment chez Québec Amérique, y voit même une association parfaite. «Prendre un verre en plein air est l’aboutissement d’une belle journée entre amis. C’est un moment de célébration et de détente», dit la randonneuse expérimentée, qui a parcouru le Québec pendant cinq mois pour rédiger son guide, cumulant quelque 20 000 km de voiture, 484 km de rando et 54 visites de microbrasseries. 

Celle qui tient aussi le blogue La Grande Déroute pousse même l’audace, dans son guide, jusqu’à associer une bière d’une microbrasserie locale à chacune de ses 40 idées de randonnées partout au Québec. «L’idée est de faire du tourisme, d’explorer les horizons et de découvrir les bières locales», poursuit-elle. 

La modération a meilleur goût 

Mais une bière seulement, prévient-elle. «L’objectif n’est pas de s’enivrer, loin de là. La bière de sommet a quelque chose de symbolique, de satisfaisant.»  

C’est que la consommation d’alcool et l’activité physique ne font pas bon ménage. L’alcool a un impact évident sur la fonction métabolique, sur les habiletés psychomotrices et les capacités d’endurance. Sa consommation ralentit également la récupération après l’effort.  

Sans oublier les risques de blessures. Bien que la randonnée pédestre soit une activité accessible et populaire, elle comporte des risques, selon le dénivelé du parcours emprunté, les conditions météorologiques et, bien sûr, la forme physique de chacun.  

Est-ce interdit? Pas dans les parcs de la Sépaq, répond le porte-parole de la société, Simon Boivin, bien que ce ne soit pas recommandé. Certes, il est fortement déconseillé de s’aventurer en nature avec les facultés affaiblies.   

Voilà pour la petite bière en canette, mais qu’en est-il de la bouteille de vin ou même de champagne? La popularité sur Instagram et TikTok de jeunes adultes qui font popper une bouteille de bulles au sommet de la montagne inquiète les surveillants de parcs, non seulement pour la consommation d’alcool, mais aussi pour le risque de briser la bouteille. 

«Il n’y a pas de règle qui encadre le type de contenants, mais il est demandé à chacun de rapporter avec lui tous ses déchets, dans le respect des principes du sans trace », informe le porte-parole de la Sépaq.   

«Pourquoi pas une bière sans alcool?, propose alors Bianca Pomerleau. Les microbrasseries en font d’excellentes!». Santé!

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