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Francisco Costa a le vent dans les voiles

Kenya Hunt - Metro World News

Avec trois importants prix de design à son actif, Francisco Costa conduit Calvin Klein vers des territoires inexplorés mais prometteurs. À surveiller durant la Semaine de mode de New York, qui commence le 9 septembre.

La carrière de Francisco Costa culmine. Ce natif du Brésil a été reçu à la Maison-Blanche, où la première dame, Michelle Obama, lui a décerné le Prix de design Cooper-Hewitt, son troisième prix important.

Du coup, il est devenu une sorte de rayon d’espoir pour l’industrie new-yorkaise. Non seulement il a réussi à prendre les rênes d’une maison de couture culte que lui a confiés son fondateur encore vivant et à faire évoluer la marque de façon significative, mais il s’est aussi hissé au rang de star.       

Quelles a été votre première impression de Calvin Klein?
Je me souviens de [la publicité mettant en vedette] Brooke Shields. C’était bien avant que je déménage aux États-Unis. Elle a fait beaucoup de vagues.  

Votre mère dirigeait une manufacture de vêtements au Brésil. Comment vous a-t-elle influencé?
Elle a démarré son entreprise en vendant du tissu, mais elle fabriquait aussi des vêtements. Un jour, elle a confectionné une robe pour le mariage de ma cousine. J’étais ébahi. Cette robe était absolument formidable. Elle était très simple et architecturale, mais j’ignorais comment elle en avait eu l’idée. Plus tard, j’y ai repensé et j’ai constaté que la robe s’inspirait essentiellement d’une Balenciaga. Je me souviens que je ne savais pas si je l’aimais ou pas. À ce moment-là, je ne croyais pas qu’elle aurait une quelconque influence sur moi. Ma mère était très en avance sur son temps. Elle lisait des magazines auxquels il était interdit de toucher. Elle s’inspirait visiblement des photos.

Une fois déménagé aux États-Unis, avez-vous éprouvé de la difficulté à vous adapter à la mode new-yorkaise?
Je crois que oui. Par ailleurs, j’avais l’impression que c’était divin d’être seul à New York. C’était au cÅ“ur des années 1980. Tout ce qui se passait m’inspirait réellement. La collection Comme des Garçons, de Yohji [Yamamoto], était vivante et stylée, de la grande couture. Les vêtements de Calvin et de Halston étaient très chic et glamour. Je me souviens d’avoir essayé d’économiser une tonne d’argent pour acheter un blouson Jean Paul Gaultier. Je baignais aussi dans tout ce qui se passait dans les rues et les discothèques de la ville.

A-t-il été difficile de créer votre propre vision de Calvin Klein, étant donné que le fondateur est toujours vivant?
Je suis chanceux d’avoir reçu cet héritage, mais je ne me sens pas limité.

En tant que Brésilien, comment avez-vous développé votre vision relativement à la manière dont la femme américaine devrait s’habiller?
À dire vrai, j’apprends encore. Ce qui est super, c’est que les femmes américaines d’aujourd’hui sont très différentes de ce que nous imaginions autrefois. De nos jours, nous voyageons beaucoup plus et bénéficions d’un grand accès à l’information. La planète forme un tout. Selon moi, il faut réfléchir à la manière d’habiller les femmes en général, pas seulement les femmes américaines. Nous avons accompli beaucoup de progrès. La marque était associée à un type de femme, mais nous avons maintenant élargi son rayonnement.   

Vos créations sont considérées intellectuelles. Avez-vous des plaisirs coupables?
Bien entendu, je suis diabolique [rires]. Je ne crois pas que mon travail soit si intellectuel. Lorsque je crée une collection, je m’inspire d’un élément de réflexion. Ce n’est pas que l’ABC de la confection de vêtements. Peut-être que l’aspect intellectuel entre en jeu lorsque les gens y réagissent.

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