Pierre Cardin: 60 ans de carrière et toujours vivant
Véritable légende vivante de la mode, Pierre Cardin célébrera en 2010 les 60 ans de sa maison de couture. Toujours actif, le designer d’origine italienne était de passage dans la capitale russe récemment pour faire la promotion d’une nouvelle production de Free Theatre Project basée sur une pièce de Nikolai Gogol et pour laquelle il a dessiné les costumes. Métro l’a rencontré en coulisse.
En quoi la mode a-t-elle changé durant les 60 dernières années?
La mode est de plus en plus flexible et toutes les frontières se sont effacées. La mode est aussi de plus en plus populaire, grâce à la télé, la radio et les médias de masse. Aujourd’hui, il est beaucoup plus facile pour un jeune designer d’être reconnu. Les frontières géographiques sont aussi tombées : on peut voir une femme habillée de la même manière de New York à Tokyo.
Quels ont été les plus grands moments de votre vie?
D’abord, ma rencontre avec le pape au Vatican. Ensuite, quand j’ai été nommé ambassadeur de l’Unesco. C’était très surprenant. J’ai été la première personne issue du monde de la mode à se voir accorder un si haut rang. Finalement, je me souviens quand Neil Armstrong a marché sur la Lune. C’était à la fois un grand pas pour l’humanité et un rêve devenu réalité pour moi qui ai toujours été fasciné par l’espace, qui est une grande source d’inspiration. J’ai toujours voulu y voyager.
Aujourd’hui, les voyages dans l’espace sont possibles…
Oui, mais pas pour moi. J’ai vécu ma vie. Je pense qu’un jour, les gens pourront voyager vers les autres planètes et ça pourrait arriver plus tôt qu’on le pense. L’espace a inspiré plusieurs de mes collections. J’ai même déjà enveloppé des femmes dans les anneaux de Saturne. Je crois que quand des hommes vivront sur la Lune, nous entrerons dans une nouvelle étape de la vie humaine.
Pourquoi préférez-vous laisser vos collections aux musées plutôt que de les vendre?
Il y a un grand musée qui porte mon nom à Paris (rires). Depuis le début de ma carrière, je rêvais de créer ce musée. C’est comme mon héritage. Cela dit, je n’aurais jamais cru vivre aussi longtemps ni qu’il y aurait des milliers et des milliers de robes exposées là-bas!
Votre propre style a toujours été classique, noir. Pourquoi ne portez-vous pas vos vêtements?
Je suis déjà trop vieux pour mes vêtements (rires). Quand j’étais jeune, dans la vingtaine ou la trentaine, je suivais de près les tendances. Maintenant, j’aurais l’air ridicule, donc je préfère rester classique et laisser les tendances aux jeunes.