Maillots 2.0
Fini le temps où le magasinage des maillots de bain passait inévitablement par une cabine exiguë et un éclairage cru. Phénomène impensable il n’y a pourtant pas si longtemps, les boutiques de maillots en ligne fleurissent, avec la promesse d’une expérience d’essayage plus conviviale dans le confort de sa maison.
«S’il y a une expérience client qui n’est pas agréable en magasin, c’est bien l’achat d’un maillot!» s’exclame la spécialiste des relations publiques Michelle Laberge. Lancée l’automne dernier, sa boutique en ligne spécialisée en maillots haut de gamme, One Size Fits All, cartonne et séduit des clientes jusque dans le Midwest américain.
«Dans la cabine d’essayage, l’estime de soi prend souvent une débarque», ajoute-t-elle, soulignant le manque d’uniformité des chartes de tailles des grands détaillants. «C’est dur pour l’ego de devoir prendre du 12 quand, habituellement, on porte du 8!» Sans oublier qu’il est beaucoup moins gênant d’acheter en ligne: l’essayage se fait dans l’intimité, à la lumière du jour, plus flatteuse, et, surtout, sans avoir à courir après les enfants qui s’amusent à passer sous la porte de la cabine. C’est une cliché, mais ça arrive!
La griffe lavalloise Shan a pour sa part élargi son offre sur internet l’année dernière après avoir longtemps refusée de le faire. «On ne croyait pas que vendre en ligne fonctionnerait dans ce créneau», avoue le vice-président Jean-François Sigouin.
Il suffit pourtant de descriptions détaillées, de chartes de tailles précises et d’un bon service de gestion des retours et c’est dans le sac, croit Mme Laberge.
En 2015, le défi n’est pas de vendre en ligne, mais de vendre tout court. Le commerce de détail a subi son lot de bouleversements avec la faillite de plusieurs acteurs de l’industrie du vêtement.
Dans la niche des maillots de bain, Bikini Village n’a pas échappé à la tendance. La Vie en Rose, nouveau propriétaire de la chaîne, a cependant affirmé à Métro en entrevue téléphonique que les deux bannières vont continuer à coexister parallèlement; La Vie en Rose Aqua avec sa marque maison et Bikini Village avec son offre multimarques. Bikini Village devrait même se doter d’un site transactionnel «d’ici les 12 prochains mois», confirme la porte-parole Émilie Gentès.
Selon Michelle Laberge, le créneau des maillots «est quand même loin d’être en décroissance». De fait, tout ce qui touche le bien-être — spas, croisières, voyages — a la cote actuellement, rappelle M. Sigouin.
«Oui, des marques ont fermé boutique, reconnaît-il. Cela dit, l’avenir appartient à ceux qui misent sur la valeur ajoutée, ceux qui offrent des produits spécialisés.» Shan est d’ailleurs devenue très forte dans ce domaine en développant des collections de prêt-à-porter balnéaire polyvalentes «qui se portent autant à la ville qu’à la plage», précise l’homme d’affaires.



