Virée éthique au marché
Comment fait-on pour se nourrir de façon éthique? Voilà un sujet sur lequel se sont penchées Élise Desaulniers et Dominique Dupuis, respectivement blogueuse en éthique alimentaire et diététicienne propriétaire de l’école de cuisine végétalienne L’Armoire du Haut.
Pour partager leurs découvertes et leur savoir, elles offriront, en juin, des visites du marché Jean-Talon, ainsi qu’un cours de cuisine végétalienne pour plonger au cÅ“ur de l’alimentation moralement responsable. Pour elles, il n’est pas obligatoire de manger local ni biologique pour être éthique.
«Il n’y a pas de réponse claire ni d’étiquette éthique, explique Élise Desaulniers, qui tient le blogue Penser avant d’ouvrir la bouche depuis un an et demi et qui vient de terminer l’écriture d’un livre sur le sujet. On ne donnera pas une liste de choses à acheter ou à éviter. Mais on va donner des informations, des statistiques. On va aider les gens à se poser les bonnes questions.»
Et alimentation responsable ne rime pas nécessairement non plus avec végétalisme, relativise les deux comparses, qui prônent toutefois le régime végétalien, «une façon simple de couper la souffrance inutile et de manger sainement».
On peut donc être carnivore tout en respectant les grands principes éthiques? «Si tu ne manges que de la viande élevée correctement, abattue et transportée correctement, c’est sûr que tu limites les conséquences négatives de ta consommation», croit Élise Desaulniers. «Mais c’est encore mieux de ne pas en manger», conclut-elle.
Se nourrir de manière éthique, c’est être connecté à ce qui se trouve dans son assiette; c’est faire des choix éclairés au supermarché. Se questionner sur l’impact de ce que l’on mange sur l’environnement, sur les producteurs et sur sa propre santé. «Il faut se demander d’où ça vient et comment ça a été produit», insiste la blogueuse. «Et il faut aussi se demander si on va être capable d’utiliser ou d’apprêter le produit que l’on met dans son panier, ajoute Dominique Dupuis. Parce que 50 % de ce qui est produit finit à la poubelle.»
Concrètement, au quotidien, est-ce compliqué de consommer et de cuisiner éthique et végétalien?
«Je pense qu’au départ, c’est important de suivre un cours parce que, quand on sait comment faire, c’est un nouveau challenge créatif dans la cuisine, croit la diététicienne. Une fois que c’est démystifié, les gens se rendent compte que ce n’est pas si compliqué et que ça coûte vraiment moins cher.»
Trois trucs pour se nourrir de façon plus éthique
- Un livre à lire : The Ethics of What We Eat: Why Our Food Choices Matter
Pour se familiariser avec le concept d’éthique alimentaire, Élise Desaulniers suggère de lire The Ethics of What We Eat, de Peter Singer (disponible en anglais seulement).
- Quatre pays à éviter : Chine, Mexique, Costa Rica et Colombie
Le World Resources Institute a analysé l’utilisation des pesticides dans différents pays. Le Costa Rica utilise 20,4 kg/hectare de pesticides, alors que le Canada n’en utilise que 0,6.
- Une question à se poser : Comment ça a été produit?
Un aliment produit éthiquement ne doit pas nécessairement être biologique. L’environnement et le producteur doivent avoir été respecté. Les produits de saison sont à privilégier.
Décortiquer un marché et le déguster
Pendant une demi-journée, les participants feront le marché avec les deux organisatrices avant d’investir la salle La mandoline pour y préparer un repas gastronomique végétalien. Chaque participant pourra par la suite inviter un ami à se joindre au groupe pour déguster le repas 4 services accompagné de vins biologiques ou biodynamiques.
Informations
Quand? Vendredi 10 ou 17 juin de 14 à 21 h
Combien? 150 $
www.larmoireduhaut.com