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Règles hypothécaires: les Canadiens forcés à la prudence

Les ménages canadiens, qui sont aux prises avec un niveau d’endettement record de 148 %, seront forcés à la prudence. Le gouvernement fédéral a annoncé hier un resserrement des règles en matière d’emprunts hypothécaires qui entrera en vigueur au printemps.

Disant vouloir prévenir un «endettement excessif» des Canadiens, le ministre des Finances, Jim Flaherty, a indiqué qu’à compter du 18 mars, les emprunts hypothécaires garantis par la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) ne pourront plus être amortis sur 35 ans. La période maximale d’amortissement sera ramenée à 30 ans. Les emprunts garantis par la SCHL s’adressent à ceux qui ne parviennent pas à déposer une mise de fonds de 20 %.

Cette mesure permettra aux ménages de réduire les paiements d’intérêt et de rembourser leur hypothèque plus rapidement, a expliqué M. Flaherty. Le montant que les propriétaires peuvent emprunter grâce au refinancement de leur hypothèque sera également réduit, le plafond passant de 90 % à 85 %. «À la lumière du taux d’endettement grandissant des ménages canadiens, nous croyons que le gouvernement a raison d’agir, a af-firmé l’économiste en chef de la Banque Nationale, Stéfane Marion. Nous croyons que ces nouvelles règles permettront de limiter la hausse de l’accession à la propriété, qui est présentement à un niveau record, bien au-delà du niveau des États-Unis.»

Le président des Services bancaires pour les particuliers et les entreprises de BMO Banque de Montréal, Frank Techar, a abondé dans le même sens. «Les mesures annoncées sont prudentes, responsables et opportunes», a-t-il déclaré.

Dominic St-Pierre, directeur des Services immobiliers Royal LePage pour la région du Québec, a également jugé que le resserrement des règles hypothécaires était nécessaire. Selon lui, les changements apportés devraient avoir un impact minime sur le marché de l’immobilier à long terme. L’histoire pourrait cependant être différente à court terme . «L’été dernier, alors que plusieurs s’attendaient à une hausse des taux d’intérêt, les gens se sont dépêchés d’acheter leur maison. L’effet de-vrait être similaire cet hiver. Le marché immobilier de-vrait être extrêmement fort.»

Habituellement, 55 % des transactions immobilières sont enregistrées entre les mois de janvier et de juin, a noté Dominic St-Pierre. L’année dernière, cette proportion était de 60 %. Le directeur des Services immobiliers Royal LePage pour la région du Québec s’attend à un résultat semblable pour les prochains mois.

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