Deux Québécoises créent des objets en recyclant des coquilles de noix de coco
Il suffisait d’un voyage sur la côte ouest mexicaine pour qu’Isabelle Gauthier-Nadeau et Michèle Bruneau parviennent à changer le monde. En observant les habitants de la Isla de la Piedra, elles se sont demandé comment elles pourraient améliorer leurs conditions de vie. C’est alors que leur est venue l’idée de réutiliser les ressources naturelles.
Pourtant, ce n’est que 10 ans plus tard que leur rêve a pris forme. Pour créer des emplois, elles ont pensé à donner une deuxième vie aux noix de coco. «Parce que, souvent, on n’en utilise que la chair», précise Mme Bruneau. C’est ainsi qu’ est né Éco-coco, un projet de développement écologique pour la communauté, fruit de leurs efforts mutuels.
Isabelle Gauthier-Nadeau a choisi l’île mexicaine comme terre d’adoption et, histoire de vraiment s’intégrer, elle a voulu relever les mêmes défis économiques que les habitants de la communauté. Quant à Michèle Bruneau, elle est rentrée au bercail, des idées plein la tête.
Travail partagé
Pendant que, sur place, la première fabrique une variété d’environ 15 produits issus de la noix de coco, la seconde en assure la distribution depuis Montréal. Colliers, tirelires, porte-monnaies, sacs fourre-tout, chandeliers, barrettes à cheveux, bols et boucles d’oreilles figurent notamment dans l’inventaire. «On a voulu réutiliser une matière qu’on trouve en abondance sur l’île et créer des emplois pour que les gens puissent subvenir à leurs besoins», ajoute Michèle Bruneau. Avec une pensée toute particulière pour les femmes…
«Au Mexique, les hommes font encore un salaire de trois à cinq fois plus élevé que les femmes», continue cette diplômée en développement communautaire et en coopération internationale qui a d’abord initié des projets semblables au Brésil, en Afrique et au Pérou.
Certains clients troquent même la sempitérnelle vente de chocolats pour les produits Éco-coco lorsqu’ils souhaitent amasser des fonds. Mme Bru-neau se souvient notamment d’une jeune fille qui a acheté 1 000 $ de produits pour ensuite les revendre, question de financer son stage au Guatemala. Un investissement qui lui permettra de récolter environ 1 800 $.
En cette ère du «payer moins cher», Michèle Bruneau admet toutefois qu’il est encore difficile de changer les mentalités et de faire adopter le commerce équitable. Quant à l’atteinte d’une plus grande justice sociale au moyen de l’entrepreneuriat solidaire, les deux instigatrices restent optimistes. Éco-coco tiendra d’ailleurs un kiosque du 8 au 23 mai au marché Maisonneuve dans le cadre de la Quinzaine du commerce équitable.