Soutenez

Une taxe pour les aliments-camelotes

Avaler 1 000 ca­lories, combien ça coûte? Tout dépend de votre fringale, a révélé l’économiste Kathy Baylis au colloque Championing Public Health Nutrition qui a eu lieu à Ottawa la semaine dernière.

Pour du poisson ou des poitrines de poulet désossées, il faut compter environ 18,80 $. Pour 1 000 calories de pommes, 6 $. Pour l’équivalent en bananes : 3,70 $. Et vous pouvez faire encore mieux. Dans une chaîne de restauration rapide, on peut manger 1 000 calories de hamburger et de frites pour 3,50?$, préparation et service compris! Et avec une boisson gazeuse achetée au dépanneur du coin, 1 000 calories ne coûtent que 2,10?$.

Cette petite recherche effectuée dans la région de Vancouver confirme ce que les nutritionnistes savent déjà : plus les aliments sont mauvais pour la santé, moins ils coûtent cher. «Clairement, cette conjoncture encourage le consommateur à mal manger», déplore l’économiste, qui enseigne maintenant à l’Université de l’Illinois.

Viser le gras et le sucre
Ce constat a mené quelques experts de la nutrition et de la santé publique à réfléchir à la pertinence d’une taxe sur les aliments-camelotes qui viserait spécifiquement le gras et le sucre contenus dans ce type de produits. Quelques études préliminaires ont déjà montré que de telles taxes – de l’ordre de 10 %, par exemple – auraient un effet sur le choix des consommateurs.

«Quand je parle de cette idée à des gens de mon entourage, leurs cheveux se dressent sur leur tête, raconte Kathy Baylis. Ils ont l’impression que, dans un pays comme le Canada, taxer la nourriture, ça ne se fait tout simplement pas. Et pourtant, on le fait depuis longtemps! Mais le système actuel n’a ni queue ni tête.»

À titre d’exemple, au Canada, les aliments qui servent de petit-déjeuner ne sont pas taxés. Les Pop-Tarts sont donc exonérés. Les barres de céréales, cependant, sont sujettes à la taxe, parce qu’elles sont considérées comme des collations.

«Comment décider si [les barres de céréales] devraient être taxées ou non? fait remarquer Kathy Baylis. Pour faire la distinction, on a choisi de taxer seulement celles qui contiennent des noix. Mais les noix sont bonnes pour la santé!»

Selon elle, une réforme des modes de taxation s’impose et elle devra tenir compte des plus récentes connaissances scientifiques en matière de nutrition. Certains arguent cependant qu’en imposant une taxe sur les aliments camelotes, on pénalise les populations les plus pauvres, qui ont déjà du mal à boucler leur budget épicerie.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.