Les délais d'attente restent trop longs dans les hôpitaux
Le temps d’attente dans le système de santé du Québec a diminué, mais il demeure encore trop élevé.
Selon une étude de l’Institut Fraser publiée hier, le délai avant de recevoir un traitement ou de subir une chirurgie est de 16,6 semaines. L’an passé, il était de 18,7 semaines.
Ces délais comprennent l’attente entre la visite chez un médecin généraliste, la consultation chez un spécialiste et le traitement. L’étude de l’Institut Fraser s’est penchée sur 12 spécialités, dont la neurochirurgie, l’ophtalmologie, la gynécologie, la chirurgie plastique et la chirurgie cardiaque.
«Ce temps d’attente est excessif, a insisté hier le directeur des études sur la performance des systèmes de santé de l’Institut Fraser, Nadeem Esmail, en entrevue à Métro. Tout temps d’attente entraîne de la douleur, de la souffrance, des tracas pour la famille et des difficultés à joindre les deux bouts.»
Au Québec, un temps d’attente raisonnable serait de 5,9 semaines entre la visite chez un médecin spécialiste et la chirurgie ou le traitement. En 2009, les patients attendent en moyenne 8,2 semaines avant de se faire traiter. «Le temps d’attente au Québec est 39 % plus long que ce qui est considéré raisonnable par les médecins spécialistes», souligne M. Esmail.
Métro a tenté de savoir ce que pense le ministre de la Santé, Yves Bolduc, de ces ré-sultats, mais sans succès.
Une réforme nécessaire
Pour mettre fin aux temps d’attente interminables au Québec, le chercheur Nadeem Esmail indique qu’une vaste réforme du système de la santé est nécessaire. En s’inspirant de pays comme la Suisse, l’Allemagne et le Japon, il suggère que les patients versent une petite contribution avant d’avoir accès à des soins de santé. «L’idée est de rappeler que les soins ne sont pas gratuits», mentionne le directeur de l’Institut Fraser. Ce dernier mentionne également qu’une plus grande compétition entre les secteurs privé et public de la santé aurait aussi un effet positif sur la qualité des soins.