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11:08 3 septembre 2019

Moins vétustes

Moins vétustes
Photo: François Lemieux/Cités Nouvelles

Une majorité d’écoles de la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB) se retrouvent toujours dans un état lamentable. Des dizaines de millions de dollars sont nécessaires pour les remettre à neuf, mais la situation tend à s’améliorer avec les récents investissements de Québec.

Les dernières données sur l’indice de vétusté, établi par le ministère de l’Éducation, montrent que près des deux tiers des 124 établissements de la CSMB obtiennent la côte «mauvais» ou en «très mauvais» état. C’est moins qu’il y a deux ans où ce taux s’élevait à 85%.

L’école primaire Henri-Forest, à LaSalle, se classe comme la plus désuète avec un indice de vétusté de 61%. Ce qui veut dire que le coût des travaux à faire représente plus de la moitié de la valeur de remplacement complet du bâtiment. L’école laSalloise aurait besoin de 4,8 M$ pour sa réfection alors que sa valeur de reconstruction se chiffre à 7,8 M$, selon des données obtenues auprès de la CSMB.

La commission scolaire croit que la condition de son parc immobilier, vieux de 58 ans, est appelée à s’embellir puisque Québec garantit désormais des montants pour la rénovation.

«Nous sommes dans une bonne ère par rapport à cet enjeu parce que le gouvernement du Québec en a fait une priorité assez importante avec les sommes qui suivent. Donc, c’est sûr que ça va beaucoup nous aider au cours des prochaines années», commente sa porte-parole, Gina Guillemette.

Depuis 2017, le ministère de l’Éducation a consenti 88M$ à la CSMB pour restaurer ses écoles. Au fil des ans, un déficit d’entretien s’est accumulé en raison de coupes gouvernementales, ce qui explique l’état des lieux, mentionne Mme Guillemette.

Ouest-de-l’Île
Une cinquantaine d’établissements de la CSMB voient leur condition reprendre du mieux en comparaison avec 2017, dont plus d’un tiers des 30 bâtiments situés dans l’Ouest-de-l’Île.

Les écoles primaire Jacques-Bizard, à L’Île-Bizard, et Saint-Louis, à Pointe-Claire sont notamment passées de la cote «très mauvais» à «satisfaisant».

Près de la moitié des immeubles ont vu leur condition demeurer stable, soit en «mauvais» ou «très mauvais» état.
Cinq bâtiments ont vu leur condition se détériorer, dont l’école secondaire Félix-Leclerc, à Pointe-Claire. Elle nécessiterait des travaux d’une valeur de 13,2 M$ et a vu sa cote passer de «mauvais» à «très mauvais».

L’école secondaire Des Sources, dont la cote est demeurée stable à «mauvais» nécessiterait également d’importants travaux, dont le coût est estimé à 12,9 M$.

Deux écoles primaires ayant un indice de vétusté supérieur à 30%, l’école du Grand-Chêne, à Pierrefonds-Roxboro et l’école Joseph-Henrico, à Baie-D’Urfé, ont également vu leur cote d’état passer de « mauvais » à « très mauvais ». Ces institutions requerraient respectivement des travaux de 5,2 M$ et 2,9 M$.

L’école primaire Lalande, à Pierrefonds-Roxboro, affiche le pire indice de vétusté dans l’Ouest-de-l’Île, avec 41,1%.

Travaux
Changement de fenêtres, refaire la toiture, remplacement de portes, modification d’une entrée, maçonnerie ou la réfection d’un escalier, le spectre des travaux est vaste.

La présidente du Syndicat de l’enseignement de l’ouest de Montréal (SEOM), Mélanie Hubert, constate les efforts de la CSMB. «D’ailleurs, en général, quand les gens appellent pour se plaindre, c’est plus sur les inconvénients reliés aux travaux que sur l’état du bâtiment», observe-t-elle.

Le SEOM reçoit tout de même son lot de plaintes d’enseignants pour des problèmes de décrépitude: moisissures, tuiles qui décollent, qualité de l’air, ventilation, des fenêtres non fonctionnelles, infiltration d’eau et de la vermine.

«On ne peut pas tout faire d’un coup. L’expérience que j’ai est que la commission scolaire prend les choses en main correctement. Elle arrive à apporter les travaux et les correctifs nécessaires, ce qui fait qu’on n’a pas à s’inquiéter outre mesure de la sécurité du personnel ou des élèves», souligne Mme Hubert.

À ses yeux, la CSMB réalise un tour de force alors qu’elle mène aussi de front des projets de construction d’écoles.
La présidente de la CSMB, Diane Lamarche-Venne, a refusé de commenter les derniers chiffres sur l’état de vétusté, soutenant qu’il n’y avait rien de nouveau sur cet enjeu.

État de vétusté
Lalande (Pierrefonds-Roxboro): 41,1%
du Grand-Chêne (Pierrefonds-Roxboro): 36,8%
Félix-Leclerc (Pointe-Claire): 33,1%
Joseph-Henrico (Baie-D’urfé): 31,1%
CEA Jeanne-Sauvé édifice Pierrefonds: 30,3%
Saint-Gérard (Pierrefonds-Roxboro): 29,3%
Harfang-des-Neiges, édifice Pierre-Lauzon (Pierrefonds-Roxboro): 28%
Dollard-des-Ormeaux (Dollard-des-Ormeaux): 23,6%
Harfang-des-Neiges, édifice Gouin (Pierrefonds-Roxboro): 23,1%
Félix-Leclerc édifice Robert-Plourde (Pointe-Claire): 23%
Saint-Luc (Dollard-des-Ormeaux): 20,6%
St-Georges (Senneville): 19,5%
Saint-Rémi (Beaconsfield): 19,4%
des Sources (Dollard-des-Ormeaux): 18,9%
de l’Odyssée (Pierrefonds-Roxboro): 17,3%
Marguerite-Bourgeoys: (Pointe-Claire): 17,1%
Perce-Neige (Pierrefonds-Roxboro): 16,9%
Murielle-Dumont (Pierrefonds-Roxboro): 15,6%
Pointe-Claire (Pointe-Claire): 15,1%
Jacques-Bizard (L’Île-Bizard): 14,7%
Jonathan-Wilson (L’Île-Bizard): 14,6%
Saint-Louis (Pointe-Claire): 14%
John F Kennedy, édifice Beaconsfield: 12,9%
Sainte-Geneviève (ouest): (Sainte-Geneviève): 12,7%
Édifice du Petit-Saint-Georges (Senneville): 11,4%
Édifice Jacques-Mongeau CFP des métiers de la santé et locataires (Kirkland): 11,1%
Émile-Nelligan (Kirkland): 8,7%
Beaconsfield (Beaconsfield): 7,8%
du Bout-de-l’Isle (Sainte-Anne-de-Bellevue): 2,5%
du Bois-de-Liesse (Dollard-des-Ormeaux): 1,9%

419
La valeur des travaux à réaliser pour l’ensemble du parc immobilier de la CSMB s’élève à plus de 419,4 M$, excluant les édifices administratifs.