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Québec refuse le projet de digue

Québec refuse le projet de digue
Photo: François Lemieux/Cités Nouvelles

Les résidents qui souhaitaient aménager des digues temporaires à L’Île-Bizard pour se protéger de potentielles crues des eaux au printemps ont eu une fin de non-recevoir de la part de Québec. Le mois dernier, ils étaient des dizaines à manifester devant la mairie d’arrondissement réclamant l’ajout de mesures préventives.

Le groupe veut pouvoir faire des digues en terre à l’est des propriétés de la rue Jean-Yves, où s’écoule un ruisseau, ainsi que dans le parc riverain situé à l’extrémité sud de la rue. Leur plan incluait également des digues dans les parcs Cardinal et Terrasse Sacré-Cœur ainsi qu’à l’arrière des propriétés de la rue Joly.

L’administration du maire Normand Marinacci avait fait parvenir leurs demandes ainsi qu’une pétition contenant environ 70 signatures au ministère de l’Environnement.

Dans une missive expédiée au début d’octobre, le gouvernement a fait savoir que la mise en place de telles digues n’est pas permise par la Politique de protection des rives, du littoral et des plaines inondables (PPRLPI). «[Cela] ne peut être considéré comme une intervention temporaire puisqu’une telle structure sera en place pour plusieurs mois», peut-on lire.

Le ministère de l’Environnement soutient par ailleurs ne pas souhaiter «une multiplication d’ouvrages de retenue des eaux» puisque cela aurait des impacts importants. Une décision qui déçoit.

«Certaines personnes ont fait des burnouts. On comptait sur ces mesures pour qu’on puisse mieux dormir, explique un des organisateurs de la manifestation de septembre, Simon Authier. Ça peut arriver vite une inondation et construire une digue de 1,2 m sur son terrain en trois jours, c’est un travail surhumain. Les gens vivent avec la menace d’avoir à le refaire et c’est un stress qui aurait pu être évité.»

Selon lui, Québec aurait dû envoyer un analyste pour évaluer les demandes des citoyens. «On comprend que ce n’est pas la procédure standard, mais les situations en 2017 et 2019 n’étaient pas des circonstances ordinaires. Le ministère aurait peut-être dû adapter sa réponse à cette situation extraordinaire», soutient M. Authier.

Le groupe a fait des démarches auprès du député de Nelligan, Monsef Derraji, afin qu’il plaide leur cause.

Démarches de l’arrondissement
De son côté, le maire Marinacci souligne avoir commencé des démarches pour trouver un analyste afin de faire les évaluations nécessaires dans les secteurs touchés.

«On a besoin d’aide. On a convoqué des firmes d’ingénierie pour qu’ils nous fassent une offre de service. Un projet de digue, ça doit passer par le test de l’analyse scientifique», précise-t-il.

Une dizaine de rencontres avec les citoyens ont permis de prendre leurs suggestions et de les relayer aux ingénieurs pour qu’ils fassent des propositions.

L’appel d’offres sur invitation devrait prendre fin cette semaine.