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La rue Sainte-Catherine n’accueillera pas le festival Under Pressure cette année

Festival Under Pressure
Après deux ans de pandémie, le festival se voit obligé d'annuler ses activités habituelles. Photo: Page Facebook / Under Pressure - International Graffiti Convention

Actif depuis plus de 25 ans sur la rue Sainte-Catherine, le festival d’art urbain et de hip-hop Under Pressure ne pourra se tenir dans les circonstances habituelles. Les adeptes ne resteront toutefois pas en reste, car des événements satellites se tiendront dans différents endroits dans la métropole.

«Il y a eu tout plein de petites raisons qui ont fait en sorte que ça a été un peu impossible» de faire le festival cette année, raconte le coordinateur d’Under Pressure, Dave Lortie. Avec la construction sur le tronçon de la rue Sainte-Catherine étant habituellement bloqué (entre le boulevard Saint-Laurent et la rue Sainte-Élisabeth), l’organisation a choisi de ne pas faire de demandes.

L’option de faire des murales sans bloquer la rue a été rapidement mise de côté, «pour la sécurité des gens». L’organisation du festival a donc pris la décision par elle même de changer la formule du festival pour l’édition 2022.

Une date ancrée dans l’histoire

Quant à l’éventualité de déplacer le festival Under Pressure à plus tard dans l’été, cette option était également impossible. Le festival tombe toujours lors de la deuxième fin de semaine du mois d’août, et ce n’est pas un hasard: «C’est l’anniversaire du premier block party de hip-hop que Kool Herc avait fait en 1973», explique le coordinateur.

Pour les non-initiés, ce dont Dave Lortie parle, c’est d’une fête organisée par Clive Campbell, alias DJ Kool Herc, en 1973 dans son appartement du Bronx pour l’anniversaire de sa sœur. Ce block party du 11 août est considéré par plusieurs comme la naissance de la culture hip-hop. Pour ce qui est de Kool Herc, en plus de révolutionner la manière de mixer, il est considéré comme l’un des pères fondateurs de cette culture, ayant inspiré des grands tels que Grandmaster Flash ou encore Afrika Bambaataa.

Under Pressure, qui se présente comme une convention internationale de graffiti, n’est pas seulement un festival d’art urbain, «ça englobe toutes les facettes du hip-hop en fait», dit M Lortie. De la dance urbaine (breakdance) au graffiti, en passant par les DJ et bien sûr les MC, tout y est. La date à laquelle se déroule le festival est «vraiment une grosse partie de notre identité», conclut-il.

La programmation 2022

Le festival débutera donc les 6 et 7 août, sur la Plaza Saint-Hubert, et «un muraliste international» est invité à venir peinturer sur la rue Saint-André. «Il y aura des DJ, des performances musicales tout au long de la fin de semaine», assure Dave Lortie.

La fin de semaine suivante, des événements se tiendront sur le boulevard Saint-Laurent. Un événement de musique électronique est prévu pour le vendredi 12 août. Le samedi soir, «10 MC vont faire une présentation à l’Odyssée sur Saint-Laurent», résume le coordinateur du festival.

Pour ce qui est du dimanche, les festivaliers auront rendez-vous pour un barbecue au parc Jarry «en mode… compétition de skate non officielle, raconte M Lortie en riant. On va mettre des DJ en place et probablement des artistes du graffiti qui vont peinturer sur des toiles qui vont être accrochées dans les arbres».

Financement et autres facteurs

Encore une fois, «on a dû annuler ce qu’on fait depuis des années, raconte Dave Lortie. C’est en 2019 la dernière fois qu’on a pu le faire». Comme bien d’autres festivals, Under Pressure a également écopé de deux étés de pandémie.

Under Pressure est un organisme communautaire à but non lucratif qui n’accepte «généralement pas» de commanditaires privés, ce qui lui donne peu de financement. C’est ce qui le différencie d’autres festivals d’art urbain d’envergure, comme MURAL, qui «ont des murales au complet présentées par des compagnies [privées]», explique le coordinateur. Toutes les personnes travaillant sur le festival sont bénévoles.

Dave Lortie souligne que le festival a une très bonne relation avec la Ville. D’ailleurs, le conseiller municipal Sterling Downey, qui a participé à la fondation d’Under Pressure, apprenait au coordinateur que la mairesse elle-même était très déçue de voir le festival déplacé, puisqu’elle y participe habituellement.

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