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Un abbé de Bordeaux-Cartierville lance une collecte pour aider les réfugiés haïtiens

Photo: Nicolas Ledain / TC Media

L’abbé Jean-Louis Nvougbia de la paroisse de Notre-Dame-des-Anges, dans le secteur Cartierville, récolte des meubles et des vêtements donnés par des membres de sa communauté pour redistribuer ces dons à ceux qui obtiennent le statut de réfugiés.

«On ne peut pas laisser ces gens-là souffrir. J’ai la mission de veiller à leur bien-être et l’Église a le devoir d’être présente dans la souffrance», assure l’abbé Jean-Louis Nvougbia.

Depuis l’arrivée des demandeurs d’asile haïtiens à l’édifice des Soeurs de la Providence, le curé de ce secteur de Bordeaux-Cartierville a multiplié les actions pour faire en sorte que ces migrants se sentent accueillis. Il est allé à leur rencontre, les a invités à la messe et vient de lancer une collecte de meubles et vêtements pour accompagner l’installation de ceux qui obtiennent un statut de réfugiés.

Dans son homélie du dimanche 20 août donnée dans les trois églises de son quartier, Notre-Dame-des-Anges, Sainte-Odile et Saint-Joseph-de-Bordeaux, l’abbé Jean-Louis a incité les 530 fidèles de son secteur à participer à cette collecte.

«J’ai comparé la situation du Québec à celle de Jésus avec la Cananéenne. Il a aidé cette femme qui n’avait pas les mêmes valeurs que lui. Nous devons les aider et l’exercice est des deux côtés. Comme la Cananéenne, les réfugiés doivent persévérer pour s’intégrer», estime le prêtre.

Esprit de solidarité
La paroisse avait l’habitude de collecter des meubles abandonnés lors de déménagements pour aider les nouveaux arrivants, l’abbé Jean-Louis Nvougbia a donc relancé ce programme pour l’adapter aux réfugiés. Il a aussi loué un camion et a fait une première livraison jeudi 24 août dans l’appartement d’Haïtiens qui viennent d’obtenir leur statut et un chèque de l’aide sociale.

«Je suis migrant, je n’ai rien et j’avais besoin d’aide. J’étais à l’Église dimanche, j’ai été bien accueilli et tout ça est vraiment bien pour nous», se réjouit Jean-Baptiste Lelus qui est arrivé au Canada le 3 août dernier.

Si certains membres de la communauté religieuse de l’abbé Jean-Louis montrent encore de l’hostilité face aux réfugiés, la majorité s’est engagée dans ce mouvement de solidarité.

«On ne peut pas rester insensible, on doit donner ce coup de pouce. Le Québec a cet esprit de solidarité et il ne faut pas avoir peur de l’autre. Si on s’attarde sur le négatif, on ne va pas avancer», pense Ghislain Agbemegna, un résident de l’arrondissement qui accompagne le prêtre dans ses livraisons de meubles.

Jean-Louis Nvougbia souhaite aussi organiser un vestiaire avec des vêtements donnés par les paroissiens dans les locaux de l’Église Notre-Dame-des-Anges pour permettre aux réfugiés de venir se servir. Pour encourager leur intégration dans la communauté, il prépare une fête avec des citoyens de l’arrondissement d’origine haïtienne pour leur offrir un souper typique de leur pays.

«Je ne réglerai pas l’affaire de tout le monde, mais j’essaye au moins d’aider ceux qui sont sur mon territoire», explique l’abbé Jean-Louis.

300
C’est le nombre de demandeurs d’asile que peut accueillir provisoirement l’édifice des Soeurs de la Providence dans Ahuntsic-Cartierville. L’abbé Jean-Louis les invite à la messe dans les trois églises de son secteur et les aide à s’installer dès qu’ils obtiennent leur chèque de l’aide sociale.

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