Ahuntsic-Cartierville
10:32 10 janvier 2020 | mise à jour le: 10 janvier 2020 à 16:02 temps de lecture: 4 minutes

On manque de bénévoles à Ahuntsic-Cartierville

On manque de bénévoles à Ahuntsic-Cartierville
Photo: Amine Esseghir/Courrier AhuntsicFrance Dumas et JC Letouneau popote roul St Paul de la croix

Des organismes de bienfaisance d’Ahuntsic-Cartierville peinent à trouver des bénévoles. Une situation qui menace leurs activités utiles à la communauté. Jean Claude Létourneau, président de la Popote roulante Ahuntsic, compte sur l’aide de 38 bénévoles pour servir 22 bénéficiaires.

«On a besoin de chauffeurs et de baladeurs pour ne pas surcharger les bénévoles. S’ils font une tournée toutes les deux semaines, ce n’est pas trop lourd», dit-il. L’organisme sert des personnes très âgées. D’autres vivent des conditions médicales difficiles.

Les repas chauds servis aux bénéficiaires sont préparés par des cuisinières bénévoles. «C’est de la bouffe super bonne, faite maison», assure France Dumas. Biologiste retraitée, elle consacre souvent son temps libre à faire la tournée des bénéficiaires.

«France était chauffeure, précise M. Létourneau, mais ces dernières semaines, nous sommes à court de baladeurs. Alors elle distribue les repas avec moi.» Ce que ne dit pas M. Letourneau, c’est que pour les deux derniers mois de 2019, il a dû lui-même faire le chauffeur pour neuf tournées avec Mme Dumas.

Même si cet organisme n’est plus à présenter – créé en 1970, il fêtera ses 49 ans en mai – la Popote roulante Ahuntsic revient de loin. «Nous avons déjà failli disparaître en 2017», rappelle M. Létourneau. L’organisme devait suspendre ses activités pour se trouver un nouveau local. Cette situation lui avait fait perdre la moitié de ses bénévoles.

Depuis, la popote roulante a pu trouver refuge au sous-sol de l’église Saint-Paul-de-la-Croix. Si elle a repris du poil de la bête, sa situation demeure tout de même fragile.

Contextes difficiles

Ce qui est observé à la Popote roulante Ahuntsic l’est autant à Entraide Ahuntsic-Nord. Cet organisme fait aussi sa popote roulante à plus grande échelle. En 2018, l’organisme a livré 8 485 repas à ses 167 membres inscrits. Cela s’est fait grâce au soutien de 46 bénévoles baladeurs et chauffeurs, trois de moins qu’en 2017.

«En fait, dès novembre, le nombre de bénévoles diminue», constate Roxanne Hamel, directrice générale. Selon elle, cela s’expliquerait par le mauvais temps qui ne favorise pas les déplacements. La majorité des bénévoles sont des retraités qui craignent les mauvaises conditions sur la route.

«Il y a aussi l’offre de bénévolat qui est de plus en plus diversifiée, souligne-t-elle. Il y a des gens qui préfèrent consacrer du temps à l’environnement ou aux enfants par exemple.»

À la Corbeille de Bordeaux-Cartierville, une banque alimentaire, le recrutement des bénévoles est également difficile pour les activités régulières. «C’est compliqué de trouver du monde. Nous ne faisons pas le travail le plus glamour, convient Donald Boisvert, directeur de la Corbeille. Nous avons besoin de gens pour faire le tri des fruits et légumes ou d’autres aliments, sinon la présentation sur des étalages.»

Serge Dumais, responsable des bénévoles au Centre d’action bénévole de Bordeaux-Cartierville (CABBC) préfère parler de ralenti. «La fibre sociale des gens semble se réveiller durant le temps des Fêtes, voire même à Noël puis se calme en janvier», indique-t-il.

M. Boisvert constate que pour les grandes opérations, notamment avant Noël, il arrive à mobiliser des gens. «Ce sont des événements qui demandent un à trois jours de travail, comme le Magasin partage ou la guignolée.» Sur ces deux opérations, la Corbeille a pu mobiliser près de 200 personnes à chaque fois.

Il y a quelques années, l’organisme pouvait recruter ses propres bénéficiaires pour aider à la distribution des denrées, une option moins évidente aujourd’hui. «La pauvreté a changé de visage, relève M. Boisvert. Beaucoup de nos bénéficiaires travaillent et font parfois deux emplois et n’arrivent pas à joindre les deux bouts.»

Pour garder vivante l’action bénévole, le CABBC investi sur les jeunes. «Le Collège Bois-de-Boulogne intègre l’activité bénévole dans le programme d’étude», souligne M. Dumais. Un programme en collaboration avec cette institution de formation permet de recruter 125 étudiants bénévoles qui peuvent être mis à la disposition d’une trentaine d’organismes d’Ahuntsic-Cartierville.

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