Ahuntsic-Cartierville
17:38 24 mars 2020 | mise à jour le: 24 mars 2020 à 18:02

Coronavirus : des cellules de crise pour répondre aux urgences

Coronavirus : des cellules de crise pour répondre aux urgences
Photo: ArchivesGrâce à la cellule de crise d’Ahuntsic, il a été décidé d’installer des toilettes chimiques et des lavabos pour les personnes en situation d’itinérances qui n’ont plus où aller pour s’assurer un minimum d’hygiène.

Une cellule de crise a été mise sur pied dans Ahuntsic pour assurer la continuité des services à la population et répondre aux problèmes occasionnés par la crise du coronavirus.

Celle-ci a été créée par le milieu communautaire, en collaboration avec l’arrondissement et le CIUSSS. Elle répond en urgence aux demandes des citoyens adressées aux organismes communautaires.

Depuis le 13 mars, dès l’annonce des premières mesures de restrictions sanitaires par le gouvernement provincial, Solidarité Ahuntsic, la table de concertation du quartier a immédiatement fermé le centre communautaire.

Les organismes communautaires n’avaient plus de locaux pour recevoir et gérer les demandes des gens. Or la demande était toujours là.

La réponse la plus efficace a été la mise sur pied d’une cellule de crise qui prend des décisions rapidement et répond aux urgences.

Une des premières actions effectives de cette cellule : l’installation de toilettes chimiques avec lavabos pour les personnes en situation d’itinérance. Pour que ces personnes «puissent y avoir accès même si certains organismes et commerces où ils sont habitués d’aller sont fermés», indique Marie-Hélène Giguère, responsable des relations avec les médias au CIUSSS du Nord-de-l’île-de-Montréal.

L’initiative est menée conjointement par l’arrondissement et l’organisme RAP Jeunesse.

Un phénomène invisible devenu visible

Cafés et restaurants fermés, les itinérants se sont retrouvés regroupés sur quelques coins de rue.

On pourrait croire qu’ils sont arrivés à Ahuntsic dans la foulée de la crise du coronavirus. «Ils ont toujours été là, assure Rémy Robitaille, directeur de Solidarité Ahuntsic. Aujourd’hui que les rues sont vides, ils sont plus visibles. On ne les voyait pas tout simplement.»

La crise sanitaire a donné lieu aussi à des situations pour le moins inattendues, comme le manque de bénévoles dans les popotes roulantes.

«C’est surprenant, comment il peut y avoir des choses auxquelles on ne pense pas, relève M. Robitaille. Ces organismes sont souvent soutenus par des personnes âgées de 70 ans et plus. Elles se sont mises en confinement.»

Pourtant, le service assuré par les popotes roulantes est essentiel pour d’autres personnes âgées et pour des gens en situation de handicap ou dans le besoin qui attendent les bénévoles pour pouvoir se nourrir.

«Un organisme qui est en arrêt de service pourrait prêter des ressources à un autre organisme qui en manque», relève Mme Giguère, parlant d’une des fonctions de cette cellule de crise : répartir les ressources humaines disponibles.

Réponse collective

Mise en place le 20 mars, la cellule de crise a émergé pratiquement de manière naturelle. «Nous avons beaucoup de plans d’urgences à solidarité Ahuntsic, mais nous n’avons rien pour les épidémies», remarque M. Robitaille.

Le CIUSSS qui a la responsabilité d’informer les ressources du territoire et aider à les mobiliser n’avait rien d’écrit non plus. «Le mécanisme retenu – la cellule de crise – a été déterminé au plan local», convient Mme Giguère.

Émilie Thuillier, mairesse de l’arrondissement, attribue cette initiative à la nature des relations déjà existantes entre les intervenants locaux.

«Quand on dit que nous travaillons en concertation, cela est démontré de manière concrète», croit-elle.

Alors qu’il est fortement recommandé d’éviter les contacts en personne, la cellule de crise se réunit trois fois par semaine de manière formelle, mais au téléphone. Les décisions sont prises sur-le-champ.

«Une chance que les gens se connaissent. Le lien de confiance est déjà construit. Nous sommes capables d’aller à un niveau supérieur avec moins de contacts humains», remarque Mme Thuillier.

« Nous sommes proches; on se connaît », confirme M. Robitaille.

Une autre cellule de crise a été mise en place pour le secteur de Cartierville. Un peu partout à Montréal, le milieu communautaire annonce la mise en place de structures similaires alors que les restrictions sanitaires s’installent dans la durée.

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