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Noël dans la solitude

Dans les résidences pour aînés, pour nombre de personnes, le 24 décembre, sera une journée comme toutes les autres.

« Il y aura peut-être une dizaine de personnes qui ne passeront pas Noël à la résidence », indique Isabelle Lukawecki, directrice des Jardins d’Élysée. Son établissement héberge une quarantaine d’aînés. Elle a prévu pour eux une fête de Noël, par anticipation, le 19 décembre. « Il y’aura un accordéoniste, de l’animation. On chantera des chansons et il est prévu un repas de fête traditionnel », explique-t-elle. Ce festin est destiné à marquer le temps des Fêtes. « Pour le 24 décembre, nous servirons un souper traditionnel avec tourtière et bûche de Noël, pour déroger au menu habituel », explique-t-elle. Mme Lukawecki ne sait pas exactement combien seront réunis ce soir-là, mais elle suppose qu’au moins trois quarts des résidents seront présents.

Marthe Berthiaume en fera partie. Elle n’a rien planifié pour cette journée. « Cela fait des années que cela se passe ainsi, avoue-t-elle. Avant j’allais chez mon frère, mais cela devient de plus en plus difficile pour nous de se voir. »

Vicissitudes de l’âge

Mme Berthiaume évoque les difficultés de l’âge qui réduisent ses possibilités de déplacement, mais ce n’est pas la seule raison qui la maintient loin des murmures de la fête. « Noël est devenu très commercial, note-t-elle. De toute façon, j’ai toujours été une grande solitaire. »

« Il y a beaucoup de résilience chez les personnes âgées. Elles considèrent que ce n’est plus pour elles la fête, mais c’est plutôt pour les jeunes, explique Mme Lukawecki. C’est pour cela qu’elles préfèrent considérer Noël comme une journée ordinaire. »

Quand on demande à Mme Berthiaume ce que signifie cette date que tout le monde célèbre : « je n’ai pas envie de dire que c’est les cadeaux, lance-t-elle en riant. Dans ma jeunesse, quand je demeurais encore chez mes parents, je faisais partie de la chorale et je chantais durant la messe de Noël, j’aimais bien cela. »

À la résidence Les Deux Aires « les gens reçoivent les membres de leur famille chez eux, relève Mireille Leclerc, responsable dans cet établissement. Nos résidents sont âgés de 80 à 100 ans. C’est surtout le lendemain des fêtes que les familles sont nombreuses à venir visiter leurs grands-parents et arrières grands-parents. » Ici également, un repas de Noël est au programme quelques jours avant la date officielle.

Absence de relève

Le club social Henri-Julien est un des plus anciens organismes d’animation pour les personnes âgées.

Lucille Dufault, une retraitée dynamique qui veille au bon fonctionnement du club, se rappelle que ses membres ont souvent participé à des animations dans les résidences à Noël.

« Nous allions rendre visite dans les résidences, en tant que bénévoles, parce qu’il y a toujours beaucoup de personnes qui restent seules dans le temps des Fêtes. Nous ne le faisons plus, parce que les vicissitudes de l’âge nous en empêchent et il n’y a pas de relève », constate-t-elle.

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