Les murs du crime
Dans Ahuntsic, le programme «Non aux graffitis» de Tandem – Prévention du crime Ahuntsic-Cartierville (PCAC) s’attaque à cette pollution visuelle qui porte atteinte aux biens publics et à la propriété privée.
«À l’assemblée publique sur la sécurité du 24 avril, les gens nous ont beaucoup parlé des graffitis. Il n’y en a pas plus que les années précédentes, rassure Léo Fiore, directeur chez Tandem-PCAC. En raison de l’hiver rude que nous avons eu, avec beaucoup d’intempéries, il nous a été difficile d’intervenir. Avec le froid, on ne peut utiliser ni les jets d’eau, ni la peinture.»
Léo Fiore rassure: «Les graffitis à l’aréna Ahuntsic, on s’en est occupés. En raison du chantier, il fallait avoir une autorisation particulière. Normalement, on est plus rapide que ça!»
Pour les interventions hivernales, Tandem mandate un sous-traitant pour exécuter les travaux d’enlèvement, de nettoyage et de masquage des graffitis, en plus d’assurer un suivi en cas de récidives. L’été, c’est une bridage de jeunes qui s’en charge.
La subvention qu’accorde la députée fédérale Maria Mourani à cette équipe estivale sera d’ailleurs reconduite pour l’année 2013. Criminologue de formation, la bloquiste s’intéresse particulièrement au phénomène. Elle effectue régulièrement des rondes du quartier pour répertorier les plus récentes apparitions.
«À Ahuntsic, on n’a pas de graffitis liés aux phénomènes de gangs de rues. Ils ne servent donc pas à marquer un territoire, comme on l’entend parfois. C’est différent dans Saint-Léonard et Montréal-Nord», informe-t-elle.
Selon les informations de Mme Mourani, Ahuntsic n’est pas aux prises avec des gangs émergents comme d’autres arrondissements du nord de l’île. «Sur Pie-IX en direction nord, près de la voie ferrée, j’ai vu un marquage associé au gang de la Mara Salvatrucha, les MS-13, mais au cœur de mon comté, on a plus à faire èa des graffiteurs marginaux, en compétition entre eux pour exprimer un art et une réaction à la société», commente-t-elle.
La députée estime qu’Ahuntsic compte peu de lieux sujets à inciter à ce genre de méfaits. «Le principe de base du graffiti, c’est de laisser ton environnement se dégrader. En plus d’affecter le sentiment général de sécurité de la population, ça devient un incitatif pour des gens mal intentionnés comme des graffiteurs. Il faut donc que l’environnement soit porté par sa population pour éviter ce genre de situation», résume-t-elle.
En conclusion, Maria Mourani évoque l’exemple du Collèege Ahuntsic qui, il y a quelques années, était un lieu prisé par les graffiteurs. «Grâce à une intervention répétée et une prise en charge du milieu, le problème est maintenant sous contrôle. On a noté une nette diminution», dit-elle.