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La guerre à l'insalubrité

L’insalubrité préoccupe le comité logement et l’arrondissement. Pour l’organisme, la stratégie d’intervention d’Ahuntsic-Cartierville ne permet pas un règlement durable du problème. Pour l’arrondissement, le comité est un intermédiaire de trop dans sa chaîne d’opérations. Deux entités, deux visions, un seul objectif.

Pour qu’un inspecteur de salubrité se présente à une adresse, une requête doit être placée au 311, le centre d’appels de la Ville de Montréal. Dans les cas de chauffage, l’inspection peut être tenue dans la même journée. Pour les autres requêtes, la division vise un délai de deux jours ouvrables.

«Nous ne sommes pas un service d’urgence, rappelle Richard Blais, chef de la division Urbanisme, permis et inspection. Mais nous traitons les requêtes en vertu de leur gravité», informe-t-il.

Pour Hubert Gendron-Blais du Comité logement Ahuntsic-Cartierville, les cas d’insalubrité doivent être traités en amont. «L’approche de l’arrondissement est réactive. Il faudrait mener des inspections systématiques de blocs appartements ciblés. En plus, les problèmes d’insalubrité touchent généralement tout l’immeuble, pas seulement certains appartements. On ne règle pas les problèmes de manière durable si on intervient seulement sur l’unité où un locataire a fait une plainte au 311.»

En raison de ressources limitées, il serait impossible pour les équipes de l’arrondissement de procéder à de telles inspections. «Je n’ai que quatre inspecteurs qui ne travaillent pas que sur des cas d’insalubrité. Ils inspectent les chantiers également, précise Richard Blais. C’est pour cette raison que la Ville centre a mis sur pied le Plan d’action salubrité.»

Ce plan d’action a été mis en place à l’initiative d’Ahuntsic-Cartierville, au milieu des années 2000, afin de régler un problème d’insalubrité majeure rencontré aux immeubles des Places de l’Acadie. Il prévoit la mise en commun des ressources de la Ville centre et des arrondissements pour assurer la salubrité des logements et intervenir rigoureusement auprès des propriétaires.

Mise à l’amende

Au Comité logement, on s’explique mal pourquoi l’arrondissement ne sévit pas auprès des propriétaires qui, comme pour les appartements de Shan Guoji sur la rue Ranger, maintiennent leurs locataires dans des conditions d’insalubrité. «Nous trouvons que l’administration d’Ahuntsic-Cartierville est laxiste dans sa gestion du problème. Pourquoi ne pas mettre à l’amende les propriétaires qui ne répondent pas aux avis de non-conformité émis par les inspecteurs?» martèle M. Gendron-Blais.

À l’arrondissement, on calme le jeu. «Nous n’avons pas de propriétaires problématiques comme à l’époque de Place de l’Acadie. Et lorsqu’on transfère un dossier à la Ville centre pour lancer le Plan d’action salubrité, on ne sort pas de l’endroit tant que les problèmes ne sont pas réglés», répond M. Blais.

Le Comité déplore cependant qu’au final, ce soit le locataire qui porte le fardeau. «Les délais pour une audience pour insalubrité devant la Régie du logement est de deux ans, alors qu’ils sont de 45 jours pour un propriétaire rapportant un défaut de paiement», conclut Hubert Gendron-Blais.

L’arrondissement prend au sérieux les questions de salubrité. C’est pourquoi chaque cas doit être rapporté dans une requête placée au 311. Le service est multilingue.

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