Logements insalubres: des locataires évacués puis cambriolés
Les logements insalubres de la rue Ranger ont encore une fois défrayé la chronique. Des locataires qui ont été évacués le 26 février ont découvert cinq jours plus tard qu’ils avaient été cambriolés. Appareils électroniques, argent comptant, papiers d’immigration, tout ce qui a plus ou moins de valeur a été pris. Le ou les voleurs ont eu tout le temps de visiter les appartements vides et sans surveillance.
Le bâtiment situé au 11815, rue Ranger est un des trois immeubles insalubres qu’on évoque souvent dans les colonnes du «Courrier». Les vols ont eu lieu entre le 26 février et le 2 mars, alors qu’un groupe de 12 locataires avait été évacué pour être relogé. «Ce sont des gens sans scrupules qui s’en sont pris à des gens démunis, regrette Patrice Sansregret, du Comité logement d’Ahuntsic Cartierville (CLAC). C’est un inspecteur de la ville qui nous a informés. Les voleurs devaient forcément être au courant que l’immeuble était vide.»
Les évacuations des résidents de trois immeubles insalubres situés aux 11750, 11760 et 11815 de la rue Ranger ont débuté en février 2014. Cette fois, les occupants des lieux ont laissé sur place leurs affaires en attendant de rejoindre de nouveaux appartements. Certains ont été admissibles pour être relogés dans des HLM. «Je n’ai pas du tout pensé que cela aurait pu arriver», affirme un locataire qui a préféré témoigner anonymement.
Dans sa mésaventure, il a perdu un appareil de télévision et un lecteur DVD. «Les appareils étaient quasiment neufs», se lamente-t-il. Une plainte a été déposée au Poste de quartier (PDQ) 10 où on indique que l’enquête suit son cours.
Responsabilité du propriétaire
Pour M. Sansregret, la responsabilité du propriétaire est clairement engagée dans cette affaire. «Les personnes ont été évacuées à cause de l’état de délabrement de l’immeuble», explique-t-il. «L’Armée du salut a promis d’apporter une aide à ces personnes, indique M. Sansregret. Les personnes qui veulent aider peuvent appeler l’organisme qui se chargera de récupérer les équipements. Pour le locataire interviewé, l’aide de l’Armée du salut a encore rajouté la déception à l’aigreur. «On m’a donné des déchets, s’emporte-t-il. J’ai pris le matelas parce que je n’ai rien sur quoi dormir.» Il a été relogé dans un HLM sur l’île de Montréal, mais loin de Cartierville.
Une situation dramatique
La situation dans ces blocs est dénoncée de manière régulière, autant par les locataires que par le CLAC. En janvier de cette année, les médias, dont le «Courrier», avaient évoqué la situation dans l’immeuble objet du vol, alors que les résidents avaient été laissés sans chauffage quand sévissait un froid polaire sur Montréal. La Croix-Rouge avait été appelée par les pompiers pour venir en aide aux résidents.
La situation avait donné lieu à une violente prise de bec entre le CLAC et le conseiller de Bordeaux-Cartierville, Harout Chitilian. Il avait été accusé par l’organisme de ne pas en faire suffisamment pour protéger ses concitoyens. M. Chitilian avait mis en avant l’effort mis par la ville pour vider les logements et obliger le propriétaire à faire les travaux nécessaires pour rendre les logements habitables, tout en le privant de rentrées d’argent substantielles. Malgré l’insalubrité manifeste, certains locataires payaient plus de 700$ pour un 3 et demi dans ces immeubles.