Ahuntsic-Cartierville
19:03 2 février 2016 | mise à jour le: 2 février 2016 à 19:03 Temps de lecture: 3 minutes

Une consultation favorable à la «mosquée des turcs»

Une consultation favorable à la «mosquée des turcs»
Photo: Amine Esseghir/TC Media

La mosquée du boulevard Saint-Laurent, à Ahuntsic, ouverte depuis une quinzaine d’année, semble acceptée du voisinage. Le lieu de culte a fait l’objet d’une consultation publique le 1e février, où peu de citoyens ont exprimé leur opposition. Un contraste avec le débat suscité par la mosquée de la rue Legendre.

Depuis avril, les édifices religieux doivent se conformer aux nouvelles règles d’urbanisme. Les communautés doivent donc obtenir une autorisation d’usage pour maintenir leurs activités. Lundi soir, dans la salle du conseil de l’arrondissement, la séance de consultation s’est déroulée dans le calme.

Plusieurs ont surtout voulu comprendre la démarche, comme Gilles Laroque, un habitué des conseils d’arrondissement et des consultations publiques.

«Je n’ai pas de problèmes avec la mosquée, que les gens prient où ils veulent. Ce que je me demande, c’est pourquoi on s’est réveillé 15 ans plus tard pour demander une autorisation?»

Des contestataires, comme François Tougas, un résident de la rue Saint-Denis, se sont aussi fait entendre. «Je m’y oppose parce que le Québec a choisi de devenir un pays laïc.» «Nous ne sommes pas un pays qui interdit les religions», a pondéré Lorraine Pagé, conseillère du Sault-au-Récollet.

La direction du développement du territoire et le conseil consultatif d’urbanisme ont fait savoir qu’ils sont favorables à la demande.

Mobilisation
Une trentaine de représentants du centre communautaire Fondation message de l’Islam s’étaient mobilisés, craignant le rejet de la demande pour ce que les musulmans d’Ahuntsic appellent la «mosquée des turcs».

Mehmet Kokavas a plaidé que ce lieu de culte soit autorisé pour légitimer la présence des musulmans dans le quartier. «Il sera plus facile de vérifier qui fréquente une mosquée officielle que d’aller rechercher quelqu’un dans un lieu de prières clandestin», a-t-il affirmé.

Aux résidents qui craignent d’ailleurs le prosélytisme et le risque du discours fanatique, le conseiller de Bordeaux-Cartierville, Harout Chetilian, s’est voulu rassurant. «Nous étudions ici une question d’urbanisme.»

Selon la procédure, une résolution sera votée au prochain conseil d’arrondissement pour ouvrir un registre de signatures. Si le nombre d’opposants est insuffisant, l’autorisation d’usage sera accordée lors d’une séance subséquente.

Mosquée de la rue Legendre
Les fidèles d’une petite mosquée située sur la rue Legendre Ouest, à Ahuntsic, avaient déposé en août une demande pour permettre l’usage d’un lieu de culte dans une zone à usage commerciale et résidentielle.

Malgré l’appui de l’arrondissement, les demandeurs ont fait face à un tollé, les voisins prétextant des problèmes de stationnement et de sécurité entre autres. La tenue d’un référendum pourrait être décidée prochainement.

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