Hochelaga-Maisonneuve
11:30 29 mai 2020 | mise à jour le: 29 mai 2020 à 11:30 temps de lecture: 3 minutes

La santé mentale des « anges gardiens » mise à rude épreuve

La santé mentale des « anges gardiens » mise à rude épreuve
Photo: Getty Images

En temps de pandémie, la santé mentale des «anges-gardiens» est encore plus chamboulée. Des chercheurs spécialisés dans le domaine ont mis au point une application pour que les travailleurs surveillent leur santé mentale.

Les services d’aide existent, mais on voit que le personnel de santé n’y va pas, cependant, lorsque on fait des sondages anonymes, on voit que le stress et l’angoisse liés à leur travail est important », note Steve Geoffrion, chercheur à l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal à l’initiative du projet.

Ce silence est lié au fait d’avoir «peur d’être incompétent», selon M. Geoffrion.

«Il y a un gros tabou autour de la santé mentale au travail chez les travailleurs de la santé, on les a formés à prendre soin des autres mais pas à aller chercher de l’aide», analyse-t-il.

Une personne sur trois, issue du domaine de la santé, connait une situation de stress post-traumatique, lance Steve Geoffrion.

Ce constat, lui et son équipe, l’a fait depuis longtemps. Mais la pandémie est venue accroître le stress et l’anxiété vécue par les personnels de santé et met en lumière la vulnérabilité des travailleurs de la santé.

«En Chine, après la pandémie, c’est 40% des travailleurs de la santé qui ont développé un trouble de stress post-traumatique», informe-t-il.

Une application pour surveiller sa santé mentale

Steve Geoffrion et son équipe ont donc décidé de lancer, sur l’application Ethica, un sondage hebdomadaire. Le principe ? L’infirmière, le préposé aux bénéficiaires ou encore le concierge de l’hôpital remplit une série de plusieurs questions, une fois par semaine, pour faire le point sur son état de santé mentale.

Selon le degré de risques, une notification est envoyée lui proposant les différents services qu’il peut rejoindre. La participation est anonyme et confidentielle, mais les chercheurs reçoivent tout de même une alerte dans les cas les plus graves «que l’on pourra contacter grâce à un numéro de participant».

«On veut leur donner cinq minutes par semaine pour s’asseoir et prendre conscience de leur santé mentale, de leur exposition au stress», insiste M. Geoffrion. Pour lui, prendre le temps de prendre conscience de son état de stress, permet de le diminuer.

Cette application est actuellement testée auprès du personnel du Centre intégré universitaire en santé et services sociaux de l’Est-de-l’Île-de-Montréal, en collaboration avec le CHUM et du CIUSSS de la Capitale-Nationale.

«Le CIUSSS de l’Est a beaucoup de CHSLD et de services qui traitent la COVID-19 », indique Steve Geoffrion. L’application devrait être également étendue à d’autres CIUSSS en région.

«On veut connaître les trajectoires pour alerter les gestionnaires et le gouvernement, cela de manière anonyme, on ne connait pas l’identité du répondant», précise M. Geoffrion.

Une manière aussi de développer, «dans une phase 2», une application pour la gestion du stress réservée aux personnels de santé.

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