Culture
14:02 23 novembre 2020 | mise à jour le: 23 novembre 2020 à 14:02 temps de lecture: 3 minutes

Le métier de programmateurs culturels en temps de pandémie

Le métier de programmateurs culturels en temps de pandémie
Photo: La Pépinière - Charles Olivier BourqueLa Halte Bellerive, un nouveau projet réalisé par La Pépinière, se trouve sur la rue Bellerive, entre les rues Baldwin et Des Ormeaux.

En raison de la pandémie, les programmateurs culturels ont dû se réinventer cet été afin de se positionner. Les grands festivals ont cédé leur place à des événements plus modestes tenus dans des quartiers moins touristiques. Est-ce un avant-goût de l’avenir des arts de la scène dans la métropole ?

C’est l’une des questions soulevées lors d’une conférence virtuelle diffusée le 18 novembre réunissant différents acteurs de la scène culturelle, principalement de l’arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve.

«Les gens veulent plus de proximité avec la culture, explique le codirecteur général de La Pépinière – Espaces Collectifs, Maxim Bragoli. Prenons l’exemple du Festival de Jazz qui l’an passé, avait proposé un chapitre dans Verdun.»

Au-delà de la pandémie, M. Bragoli affirme que c’est une tendance de fond qui s’observe ici et à l’international. Cette décentralisation permet d’encourager les artistes locaux. Cela permet aussi une réduction de l’utilisation des transports.

«Chacun des milieux de vies de Montréal, chacun des quartiers cherche à avoir son ADN et son identité propre.» – Maxim Bragoli, La Pépinière – Espaces Collectifs

Avec la pandémie, comme les gros événements ne sont plus possibles, il y a eu une redistribution et une réorganisation des budgets avec lesquels les programmateurs culturels doivent jongler.

«Les grands commanditaires veulent des grandes foules», selon lui.

Bragoli donne l’exemple d’Hydro-Québec dont l’entièreté du budget destiné à la commandite d’événements est allé à Centraide. Il y avait par contre des entreprises telles que les Caisses Desjardins qui ont contribué au financement de leurs activités.

Sinon, les rares organisations qui avaient des fonds pour financer la culture cet été, c’étaient les arrondissements. Car, malgré la pandémie, les enveloppes budgétaires au niveau municipal demeuraient, explique l’agente culturelle de l’arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, Julie Gauthier.

«C’est une grande chance qu’on a à Montréal avec les Maisons de la culture», souligne-t-elle.

Les petites scènes

Comme les artistes ne pouvaient plus faire de grosses scènes, ils se sont retournés vers les petites scènes, comme celle du Village au Pied-du-Courant, chapeautée par La Pépinière.

«Une des seules plateformes disponibles en été», affirme M. Bragoli.

Il y a aussi eu des événements au Parc de la Promenade-Bellerive. Le public en a peu entendu parler, puisque à la demande de la Santé publique, la promotion devait être très minimale, explique-t-il. Une directive qui avait pour but d’éviter les rassemblements.

Dans le cas de l’arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, «ce n’était aucune promotion, même pas sur Facebook, affirme Mme Gauthier. C’était un engagement qu’on demandait aussi de la part des artistes.»

Les animations culturelles présentées par l’arrondissement étaient donc une surprise pour la population.

«On allait à la rencontre des gens. On allait là où les gens étaient», explique-t-elle.

L’arrondissement a présenté cet été, 52 animations avec 92 artistes pour 1 800 minutes de performance.

Du côté de La Pépinière, on parle de 45 jours de programmation, présentant au total 115 artistes. Ces activités se sont déroulées sur trois sites, dont deux dans Mercier-Hochelaga-Maisonneuve. Le parc de la Promenade-Bellerive, nommé précédemment, mais également Les Jardineries qui est situé à l’esplanade du Parc olympique. Cela, c’est sans compter qu’il y aurait eu aucun cas de COVID-19 déclaré relié à ces activités.

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