Hochelaga-Maisonneuve
17:22 22 avril 2021 | mise à jour le: 23 avril 2021 à 11:25 temps de lecture: 5 minutes

Louise Harel : 40 ans d’engagement dans Hochelaga-Maisonneuve

Louise Harel : 40 ans d’engagement dans Hochelaga-Maisonneuve
Photo: Jason Paré/Métro MédiaLouise Harel et Hochelaga-Maisonneuve : une histoire d’amour qui dure depuis 40 ans.

Il y a 40 ans, plus précisément le 13 avril 1981, Louise Harel se faisait élire comme députée de la circonscription Hochelaga-Maisonneuve (simplement nommée Maisonneuve à l’époque) sous la bannière du Parti québécois.

Sur 125 députés, huit étaient des femmes. Elle raconte qu’il n’y avait même pas de toilettes pour les femmes à l’époque à l’Assemblée nationale, les députées devant aller dans celles réservées aux visiteuses à l’entrée du parlement.

Peu nombreuses et confrontée à un boys club, ces députées étaient solidaires entre elles, même si elles étaient issues de partis différents, mentionne Mme Harel. Une solidarité qui a fait ses preuves lorsque des débats avaient lieu à l’Assemblée nationale sur des sujets tels que l’interruption volontaire de grossesse, ou le partage du patrimoine familial.

La rue Notre-Dame

En novembre 1970, le gouvernement libéral de Robert Bourassa lance le projet de l’autoroute est-ouest, qui aurait suivi la rue Notre-Dame dans l’est de Montréal. Des logements sont alors démolis, expropriant près de 1700 familles et laissant les abords de rue Notre-Dame en friche pendant plusieurs années.

Prenant le pouvoir en 1976, le Parti québécois met fin à ce projet. Ainsi, dès le début des années 1980, Louise Harel fait de la revitalisation de ce secteur une priorité.

«J’ai obtenu la fermeture de 21 rues pour empêcher la circulation de transit issue de la rue Notre-Dame d’entrer dans le quartier.»

L’objectif : améliorer la qualité de vie des gens du quartier. Progressivement, le côté nord de la rue Notre-Dame est transformé en une longue «bande verte», constituée aujourd’hui d’une piste cyclable, d’une butte et d’un boisé.

Tout le long cette bande verte, la députée de Maisonneuve obtient également le financement pour la construction d’habitations à loyer modique (HLM).

Actuellement, Mme Harel est particulièrement inquiète pour la préservation des espaces verts, peu nombreux dans Hochelaga-Maisonneuve, dans le contexte de la construction du Réseau express métropolitain (REM) de l’Est. Celle qui a été cheffe de l’Opposition officielle de la Ville de Montréal de 2009 à 2013 croit que les candidats aux prochaines élections doivent en faire une priorité.

Elle affirme qu’elle serait indignée si la bande verte le long de la rue Notre-Dame était réduite pour faire place au REM de l’Est, «et je suis prête à participer à toutes les manifestations pour m’y opposer.»

La deuxième priorité, selon Mme Harel, c’est la construction de logements familiaux et abordables. Elle se réjouit que la population du quartier rajeunisse, mais elle se désole qu’avec l’arrivée d’un deuxième enfant, un ménage sur deux quitte le quartier.

La Silicon Valley de l’économie sociale

C’est une fois élue, en 1981, que Louise Harel emménage dans Hochelaga-Maisonneuve, un quartier ouvrier et francophone.

Au cours de la décennie 1980, le quartier subit un bouleversement majeur. De nombreuses usines ferment leurs portes dans l’est de Montréal, provoquant une hausse de la pauvreté, du chômage et de la prostitution.

«On a perdu 8000 emplois en cinq ans», rapporte Mme Harel.

Elle donne l’exemple de la fermeture en 1988 du chantier naval de la Vickers à Viauville ou encore des Shop Angus dans Rosemont. De plus, sur les six raffineries de l’Est de Montréal en fonction au début des années 1970, il n’y en reste plus qu’une seule en activité aujourd’hui.

Avec le député libéral fédéral de Sainte-Marie, Jean-Claude Malépart, ainsi que le milieu syndical et patronal, elle crée alors un comité de revitalisation de l’est de Montréal.

Elle rappelle qu’auparavant, les gens du milieu communautaire, patronal, syndical, ne se parlaient pas, puisque les patrons et les ouvriers n’habitaient pas les mêmes quartiers.

«Ç’a été vraiment les débuts de la concertation. Dans Hochelaga-Maisonneuve, on a créé spécifiquement le Programme action revitalisation Hochelaga-Maisonneuve (PAR-HM).»

C’est ainsi que Hochelaga-Maisonneuve développe son nouvel ADN, concentré sur les entreprises d’économie sociale.

«La culture ouvrière, c’était une culture salariale. Une job steady et un bon boss. Il fallait être capable de développer la culture entrepreneuriale.»

Ce développement de la culture entrepreneuriale dans Hochelaga-Maisonneuve s’est donc réalisé grâce au communautaire, au coopératif et à l’économie sociale, explique-t-elle.

«Quand je deviendrai ministre de l’Emploi et de la Solidarité en 1994, je me servirai de toute cette expérience accumulée pour bâtir le réseau des entreprises d’insertion et d’économie sociale au Québec.»

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