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Appropriation culturelle: les logos de trois casernes de Montréal retirés

Le logo de la caserne 48, dans Hochelaga, n’avait toujours pas été retiré mardi. Photo: Jason Paré, Métro Média

Les logos de trois casernes de pompiers de Montréal à l’effigie de personnes issues des Premières Nations seront retirés.

Les casernes 43 et 49, dans Ahuntsic, ainsi que la caserne 48, dans Hochelaga, sont visées par la direction du Service de sécurité incendie de Montréal (SIM) qui exige le retrait de leur logo représentant des Autochtones.

«Malheureusement, suite à une plainte, la Ville de Montréal nous demande de retirer notre logo. Semble-t-il que c’est de l’appropriation culturelle», a écrit sur le groupe Facebook Hochelaga MON Quartier un homme s’identifiant comme un lieutenant du SIM.

Cette publication a suscité beaucoup de réactions et plusieurs centaines de commentaires. Certains internautes appuient la décision de retirer le logo, considérant entre autres que «les Premières Nations ne sont pas des mascottes».

D’autres, au contraire, se désolent de ce retrait, se demandant si la prochaine étape sera de changer le nom du quartier, Hochelaga étant le nom d’un village iroquoien de l’île de Montréal remontant au 16ᵉ siècle.

Logo de la caserne 49 dans Ahuntsic. Crédit: Facebook

Du côté de la Ville de Montréal, on explique que cette décision s’inscrit dans la Stratégie de Réconciliation avec les peuples autochtones que la Ville a dévoilée en 2020 et dont l’objectif est de renforcer durablement les relations avec les peuples autochtones, notamment par la mise en valeur de la présence de ces derniers dans l’espace public.

«C’est dans ce contexte que la direction du Service de sécurité incendie de Montréal a procédé à une analyse de l’ensemble des logos et symboles utilisés dans ses locaux et qu’elle a demandé le retrait de certains», indique la chargée de communication de la Ville de Montréal Gabrielle Fontaine-Giroux.

Représentations stéréotypées

Souhaiter mettre en valeur la présence des Autochtones dans l’espace public et retirer des logos de caserne soulignant cette présence, n’est-ce pas un peu contradictoire?

«Non, pas du tout», répond de but en blanc la nouvelle responsable à la réconciliation avec les peuples autochtones au comité exécutif, Alia Hassan-Cournol.

La conseillère du district Maisonneuve–Longue-Pointe considère que les Autochtones apparaissant sur les logos sont représentés sous des traits stéréotypés.

«C’est l’image qu’on voit dans des bandes dessinées ou dans des cartoons d’autrefois où on dépeignait les Autochtones d’une certaine façon, alors que la réalité est tout autre.»

Elle ajoute que la conception de ces logos n’a pas été faite en concertation avec les communautés autochtones.

«C’est pour ces raisons que ç’a été retiré.»

L’élue confirme que la décision a été prise à la suite d’une plainte transmise par une citoyenne à la commissaire aux relations avec les peuples autochtones de la Ville de Montréal.

En revanche, Alia Hassan-Cournol ne sait si cette citoyenne est elle-même issue des Premières Nations, ni si une majorité de membres des communautés autochtones montréalaises soutiennent cette décision.

«La commissaire aux relations autochtones est en lien avec de nombreux partenaires et acteurs autochtones et elle est elle-même autochtone. Donc, on se fie sur son expérience, son expertise et son bon jugement», précise-t-elle.

Interrogée par Métro, l’Association des pompiers de Montréal n’avait pas encore réagi à cette décision au moment de la publication de cet article.

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