Soutenez

Où ça, le printemps?

Marceau Jean-Guy - TC Media

14 mars. C’était ma fête! So what! Je ne voulais pas de bisous, ni de cadeaux ou de coups de téléphone charmants et pleins de sourires. Je voulais du soleil, je voulais le printemps, de la pluie pour faire fondre la neige. Je voulais du 12 degrés, des oiseaux polissons qui viennent se faire un nid sous ma fenêtre. Je voulais me débarrasser de mon Kanuk, de mes maudites bottes d’hiver. Je voulais ouvrir les fenêtres et faire entrer de l’air neuf. Je voulais marcher dans la «bouette», me faire éclabousser par un conducteur d’autobus distrait ou pressé. Je voulais sortir mon Bar-B-Q, laver mon «set» de patio. Je voulais me faire couper les cheveux courts courts courts.

Je voulais magasiner mes vacances d’été, ranger les trois pelles à neige, mes «traction aids», mes mitaines d’hiver. Je voulais changer les pneus d’hiver de mon auto qui est crottée, enrobée de gadoue. Je voulais peinturer la galerie, planter des géraniums, sortir mon bicycle et ma chaise longue. Ô printemps, quand reviendras-tu? Faut être fait très fort pour habiter ce pays. Le pire c’est que je venais à peine de revenir d’un p’tit voyage dans l’sud. Dix jours, ce n’est pas rien! Je pensais que mars allait apporter ses rayons de soleil chauds et ses petites pluies apaisantes. Mars et le renouveau printanier. Erreur!

Planté devant ma «bay-window» comme une plante verte en plastique au centre d’achats, je regardais tomber la neige, qui virevolte en abondance. Un vent de janvier veut arracher le puits de lumière dans la salle à manger qui craque comme une coque de bateau en péril. Il fait moins 16 degrés et je suis découragé! Mi-mars comme dans mi-écœuré, peut-être?

C’est une question de conditionnement, je sais. Je sais aussi que la moitié d’entre vous jubile. Alléluia! Quatre autres week-ends de ski… Yes! Et on farde les skis de fond, on remet notre tuque rouge sur le front et on s’en donne à cœur joie sur la patinoire des Canadiens. Vive le vent, vive le vent, vive le vent d’hiver (air connu)! Et la cabane à sucre, vous avez pensé à la pauvre petite cabane à sucre qui grelote dans la forêt ou sur le boulevard Taschereau (c’est selon)? Les petits oiseaux vont bientôt se construire des igloos, faute de temps, faute de printemps. Non, assez c’est assez, vous ne trouvez pas? J’aime quand même un peu l’hiver. C’est comme un mal de bloc après une soirée trop arrosée, c’est trop long. Ça devrait commencer pour le vrai le premier décembre et finir, pour le vrai le premier mars. Après, on passe à la chaleur, à la vraie vie.

Ça me fait quand même du bien de me défouler, j’ai avec moi quelques lecteurs, j’en suis convaincu, qui pensent que la vie, c’est autre chose que de se les geler. La vie, c’est aussi les terrasses qui bourdonnent, les cocos de Pâques, dormir les fenêtres ouvertes et planter des tomates. Je vieillis et j’ai un peu de mal à vivre l’hiver infini. Me semble que la dernière bordée était de trop, me semble que ça aurait pu tomber en pluie, comme disait mon père. Bon, j’ai assez chialé. On ne peut rien changer, c’est comme cela. En avoir parlé m’a fait un bien sans nom. Je suis déjà mieux, et si je ne me retenais pas, je vous dirais qu’il peut bien en tomber encore une autre grosse, juste pour tester mon endurance… et la vôtre!

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.