Demain, Montréal: plus qu'une liste d'épicerie, une ville en mutation
Comment les résidents voient leur quartier, leur arrondissement, leur ville dans dix ou vingt ans? La question est pertinente car elle touche aussi bien l’architecture, le remodelage de certains secteurs et la vitalité urbaine. Ces trois thèmes ont été soumis à la réflexion du public verdunois par le Bureau du Plan de Montréal.
C’est sous le titre de «Demain, Montréal», que 17 rencontres doivent avoir lieu un peu partout sur le territoire montréalais au cours des prochaines semaines. De passage à Verdun il y a quelques jours, Sylvain Ducas et son équipe du Bureau du Plan ont expliqué en quoi consiste le plan de développement de Montréal pour ensuite enchaîner avec la présentation d’un bref documentaire sur les objectifs de cette consultation. Robert Denis du service d’Urbanisme de Verdun, a pris le relais en décrivant l’arrondissement de Verdun avec ses particularités.
Le deuxième volet de la rencontre s’est surtout déroulé parmi les participants dans la salle puisque c’est à eux que l’animatrice Constance Ramacière s’est adressée en leur demandant d’exprimer en toute liberté les idées que leur suggèrent les thèmes énoncés. Tout y est passé des camions trop gros pour livrer dans Verdun à l’inquiétude de voir des arbres nouvellement plantés, dépérir. Les bons mots et les témoignages de satisfaction étaient au nombre des commentaires; qu’on pense à l’amélioration des commerces sur Wellington depuis quelques années à l’énumération des atouts de Verdun comme la proximité du centre -ville, le voisinage du fleuve, la présence de trois stations de métro et l’existence d’un parc de grands logements anciens pour les familles.
En contrepartie quelques intervenants ont été cinglants dans leurs commentaires sur les bâtiments délabrés, l’absence d’espace pour les écoles, une allusion directe au dossier de l’école à L’Île-des-Sœurs, l’accès à la Culture trop concentré aux extrémités de l’arrondissement avec le Centre culturel, la bibliothèque, et les logements abordables rares pour les familles et les aînés. Un autre intervenant, André Julien représentant de Vision Montréal, a déploré la sous-utilisation de l’Auditorium, un des grands arénas de Montréal qui ne génère rien actuellement, ni prestige, ni argent pour Verdun.
Chantal Lamarre du Comité d’action des citoyens de Verdun (CACV) a déploré la «gentrification» qui force les gens moins fortunés à quitter l’arrondissement en raison des loyers trop élevés. Pour sa part Billy Walsh, père de famille et d.g. de la SDC Wellington a déploré que les rues pour se rendre au parc du bord du l’eau ne sont pas sécuritaires et que le développement récent dans ce secteur constitue une sorte de mur ou de barrière entre le fleuve et les résidents.
Sortir des sentiers battus
L’innovation et le foisonnement des idées sont au programme de plusieurs intervenants dont un qui souhaite transformer la rue Wellington en rue piétonne et créer des incitatifs pour amener les cyclistes à s’arrêter à Verdun. Un autre intervenant a parlé de construire un pont de service entre L’Île et la terre ferme pour désenclaver les quartiers de Verdun. Des suggestions ont également été formulées pour favoriser l’intégration architecturale des nouvelles et des anciennes constructions et densifier le tissu urbain. On croit beaucoup au développement de pôles multifonctionnels principalement dans les environs des stations de métro et on veut à tout prix, maintenir des percées visuelles sur le fleuve
En guise de conclusion à ce forum de discussions, le conseiller Alain Tassé s’est dit enchanté d’avoir entendu parler de culture plutôt que de stationnement et de «char » comme dans : «ne touche pas à mon char».