Des projets d’agrandissement dans l’air pour le Métro Bellemare
Robert Bellemare, propriétaire du Métro Bellemare situé au 349 rue De L’Église, a acheté deux blocs appartements adjacents à son épicerie, ainsi que les immeubles abritant les boutiques Arachides Dépôt et plus et la friperie Les Trouvailles. Projet d’agrandissement dans l’air? Rien n’est confirmé. Toutefois, M. Bellemare a déjà fait appel aux services du lobbyiste Stéphane Bilodeau.
Sur le registre des lobbyistes, on peut lire que la mission de M. Bilodeau consiste à faire une demande à l’effet «d’autoriser un projet d’agrandissement du marché d’alimentation.»
Pour obtenir une autorisation, l’arrondissement devra soit approuver une modification au règlement de zonage 1700, de sorte à inclure les résidences achetées dans la zone commerciale, soit entériner un projet particulier de construction, de modification ou d’occupation d’un immeuble.
Objectif à long-terme
Pour l’instant, aucune demande en ce sens n’a été déposée à la Direction de l’aménagement urbain. M. Bellemare, rejoint par TC Media, refuse de dévoiler les détails de son projet, puisqu’aucune démarche officielle n’a été entreprise. Il affirme toutefois que l’achalandage dans son commerce justifierait un investissement.
«On a des projets pour Verdun, mais on a aucune idée de l’échéancier et les plans ont encore le temps de changer. Ce qui est certain, c’est qu’on doit trouver une solution au niveau de la circulation et de la sécurité des gens sur la rue Ethel.»
Dans sa forme actuelle, l’épicerie n’a ni stationnement ni ère de débarquement, ce qui occasionne beaucoup de congestion dans le secteur.
Lundi matin, dans un délai d’une demi-heure, une demi-douzaine de camions de livraison se sont stationnés tant bien que mal à tout de rôle sur la rue résidentielle, étant parfois contraints de demeurer au milieu de la chaussée pendant plusieurs minutes.
Richard Langlais, propriétaire de la boulangerie Aux purs délices, située à proximité de l’épicerie Bellemare, affirme également que les résidents de la rue Ethel seront ravis si une solution est proposée afin d’améliorer la sécurité.
«Je sais que M. Bellemare veut avoir un accès plus direct pour recevoir ses livraisons. Tous les voisins se plaignent parce qu’il y a des 10 roues qui circulent du matin au soir et que c’est dangereux, notamment pour les enfants.»
Des résidents dans l’incertitude
Avec ce projet, les quelques résidents qui habitent dans les immeubles achetés par M. Bellemare sont conscients qu’ils devront bientôt plier bagage. Cependant, aucun de ceux rencontrés par TC Media ne savent quand la nouvelle risque de tomber.
M. Stéphane Denis, résident de la rue Ethel, a malgré tout choisi de signer son bail jusqu’en juillet 2016. «M. Bellemare nous a averti qu’il pouvait nous demander de quitter n’importe quand. Ce sera compliqué si on doit déménager au milieu de l’année, mais je ne dirais pas que je suis fâché de la situation. Il a été honnête et a mis cartes sur table dès le début. Nous, on travaille, on a les moyens de se replacer. Je ne pense que ce sera facile pour tout le monde par contre, il y a des personnes âgées dans le bloc.»
Mme Lefebvre, qui loge dans l’appartement juste au-dessus, indique pour sa part ne pas avoir eu de discussion avec M. Bellemare depuis qu’il a acquis l’immeuble. Elle est toutefois au courant de son projet suite à sa discussion avec des employés de l’épicerie. «Je ne m’inquiète pas trop avec ça, je n’ai pas vraiment de contrôle sur la situation. Je partirai si je suis obligée.»
Si M. Bellemare entreprend des démarches auprès de l’arrondissement, plusieurs étapes devront être franchies avant d’obtenir le sceau final. Au minimum, la demande devra faire l’objet de trois lectures au conseil de ville. Deux avis dans les journaux ainsi qu’une consultation publique seront également nécessaires.
De plus, l’adoption d’une telle modification est assujettie au processus d’approbation référendaire.