Le rapport du contrôleur général a «coulé», affirme Dauphin
Au début de la semaine, La Presse, sous la signature du journaliste Karim Benessaieh, a rapporté que le contrôleur général de la Ville de Montréal a fait état «de pratiques douteuses» du maire de Lachine, s’interrogeant notamment sur «les liens entre la société de génie-conseil Génipur et Claude Dauphin».
De plus, mardi dernier, le réseau TVA et la Société Radio-Canada ont rapporté dans leurs bulletins de nouvelles de possibles accointances du maire de Lachine avec de présumés membres de la mafia montréalaise. Claude Dauphin a dû s’expliquer devant les caméras de télévision.
Les explications du maire
Lors de l’assemblée du conseil de la Ville de Montréal, le 16 avril dernier, Claude Dauphin, par la voie d’une question de privilège, a demandé à ce que le rapport du contrôleur général soit rendu public.
«Cette requête a été refusée par l’Administration Tremblay, affirme Me Dauphin, sous prétexte que le rapport était confidentiel. L’enquête interne du contrôleur général se limite aux employés de l’arrondissement. Il n’a rencontré par ce fait même aucun élu. Or, une partie du rapport a été divulguée à certains médias. Tout en respectant le caractère confidentiel du document, je veux préciser certains aspects dévoilés au grand jour».
Le dossier du 200, rue Richmond
«Au début d’octobre 2010, raconte le maire, j’ai reçu un appel d’une représentante d’une des plus grandes entreprises de Lachine, qui m’annonçait son intention d’acquérir le 200 Richmond afin d’y installer son entreprise en haute technologie. Tout de suite, je me suis dit que cette arrivée constituerait un excellent apport pour l’arrondissement. On créait des emplois de qualité et ça nous permettait de revitaliser tout un quartier».
«Toutes les discussions relatives à ce dossier ont eu lieu en caucus avec les autres élus et les fonctionnaires. Je considérais ce dossier comme étant très important pour le secteur Saint-Pierre, qui est enclavé par les autoroutes et les voies ferrées. Il est vrai que je peux me montrer insistant quand je tiens à un dossier et surtout, lorsqu’il s’agit d’améliorer la qualité de vie de tout un quartier. Le dossier n’a pas fonctionné, nous avons perdu l’investissement, la création d’emplois et la bâtisse, située tout près de l’autoroute, en arrière du mur antibruit, est toujours à vendre».
Au cours de l’enquête interne, ce dossier a été apporté à l’attention du contrôleur général, qui s’est penché sur la question. Le maire Dauphin ne s’attendait pas à ce que certains fonctionnaires portent plainte contre lui.
Les fournisseurs en génie civil
«Je connais Pierre Turmel, président du Groupe-conseil Génipur, depuis l’époque où j’étais député à l’Assemblée nationale, confie Claude Dauphin. La relation que j’entretiens avec M. Turmel n’a en aucun temps influencé le choix des firmes de génie civil qui ont été retenues par l’arrondissement. Je tiens à souligner que M. Turmel avait des contrats à Lachine, et surtout à Ville Saint-Pierre, avant mon arrivée en politique municipale en 2002. Il était déjà très connu des fonctionnaires de Lachine avant cette époque».
«Depuis que j’ai été nommé président d’arrondissement et ensuite, maire de Lachine, aucun élu n’a siégé sur les comités de sélection en rapport avec des contrats de quelque nature que ce soit, tient à préciser Claude Dauphin. Le conseil d’arrondissement, depuis 2002, n’a fait qu’approuver les résolutions selon les recommandations des services concernés. Les suivis et les dépassements de coûts étaient sous la gouverne des fonctionnaires municipaux dont la responsabilité leur incombait. De plus, tous les dépassements de coûts ont été justifiés par les responsables des services. À la suite de ces justifications, le conseil d’arrondissement approuvait le paiement par résolution. Tout a été transparent et relevait de nos fonctionnaires», conclut Claude Dauphin.