«La vague à Guy est l'endroit le plus sécuritaire en ville»
Le directeur général de Kayak Sans Frontières, Hugo Lavictoire, et des adeptes du surf et du kayak rencontrés sur place, entendent bien défendre la pratique de leur sport et soutiennent que le surf dans ce secteur n’est pas plus dangereux que toute autre activité nautique.
«Il faudrait un aménagement pour la protection des berges qui amènerait une solidification pour éviter qu’un arbre tombe encore. Dans le moment, des gens montent et descendent n’importe où. S’il y avait un escalier en pierres pour empêcher l’effritement des berges, ça empêcherait des accidents potentiels», explique Hugo Lavictoire.
À son avis, «interdire la pratique du sport serait la chose la plus ingérable à faire, puisque c’est un endroit ouvert. Les gens vont trouver une façon d’y aller quand même et ce sera le chaos. C’est un sport le fun. Des jeunes ayant des difficultés à l’école se rattachent au sport. Ça leur donne une raison de s’entraîner, c’est non motorisé, non polluant et ça tient en forme».
«La meilleure règlementation se fait par les usagers eux-mêmes. Si on voit quelqu’un qui manque d’expérience ou qui n’est pas sécuritaire, on lui dit d’aller prendre des cours. Le danger, c’est quelqu’un qui se lance là sans expérience, sans cours et sans équipement adéquat», explique Hugo Lavictoire.
Kayak Sans Frontières fait de la location d’équipements «pour les gens qui veulent y aller, à la condition qu’ils aient pris un cours avec nous au préalable», ajoute le directeur de l’entreprise.
Solutions possibles
Hugo Lavictoire collabore avec l’arrondissement. «Je le fais régulièrement et j’ai une bonne relation avec eux. C’est une histoire de responsabilités. La Ville tolère les surfeurs, mais si elle donne le go pour une rampe d’accès, elle va officiellement l’autoriser et devenir responsable. Il y a moyen de le faire, parce que d’autres villes du monde l’ont fait. Il faut une solution acceptable à tout le monde».
Tragédie de mai 2003
Hugo Lavictoire reconnaît qu’il y a un accident tragique l’an dernier. «C’est malheureux ce que je vais dire, mais la raison principale de ce décès, c’est elle. Elle savait qu’il y avait un arbre dangereux. Nous avions cessé toutes nos activités et on avait fait mettre des banderoles danger jaunes. Des gens les ont enlevées et la jeune fille y est allée en toute connaissance de cause».
Roxane Dubé Claude, 23 ans, était mère monoparentale d’une fillette de neuf mois. Submergée sous l’eau, coincée entre sa planche et un arbre penché au-dessus de l’eau, elle était en arrêt respiratoire lorsque des pompiers sont venus à son secours. Elle a rendu l’âme quelques heures plus tard à l’hôpital.
Quelques jours plus tard, planchistes et kayakistes se sont rassemblés afin de lui rendre un vibrant hommage. Profondément attristés, ils ont attaché des fleurs à leurs planches et se sont dirigés vers le large où ils sont formé un cercle et observé un moment de silence, avant de lancer des pétales de roses dans l’eau.