Vers une politique de logements sociaux
« Ce n’est plus seulement les plus démunis, même la classe moyenne commence à avoir du mal à se loger dans l’arrondissement en raison du prix des loyers. Actuellement, lorsqu’il y a un changement de zonage, nous négocions l’incorporation de logements sociaux dans ces projets. Nous aimerions donc mettre en place une politique pour encourager les propriétaires à le faire d’eux-mêmes ou encore à faire une donation dans le fonds de l’arrondissement pour le développement de ce type d’habitation », indique le conseiller municipal responsable du dossier, Richard Ryan.
Cette politique n’aurait toutefois de portée que dans les projets de dérogation. Pour qu’elle puisse avoir foi de loi, il faudrait que Montréal récupère des pouvoirs en matière de logement, tels qu’adoptés en motion à la Ville-centre en décembre 2013.
Le Comité logement du Plateau-Mont-Royal constate une dégradation des conditions dans le quartier, avec des hausses abusives de plus en plus fréquentes.
« Ce n’est pas rare de voir 25, 50, même 100 $ d’augmentation en une seule année sans qu’aucune amélioration n’ait été faite sur un logement. Souvent, ce sont des tactiques détournées pour pousser les locataires à quitter et pouvoir revamper le logement ou le louer plus cher à quelqu’un d’autre », relate l’organisatrice communautaire du Comité logement du Plateau-Mont-Royal, Vicky Langlois.
Le parc locatif étant vieillissant, plusieurs propriétaires laissent des problèmes de moisissures ou de vermines s’aggraver pour pousser les locataires à revenus plus modiques hors du logement.
« Il y a beaucoup de locataires dans le Plateau, malgré la conversion massive en condos de plusieurs logements. La majorité du problème incombe à la Régie du logement, mais la ville pourrait faire plus d’inspections. L’embourgeoisement voile ce problème de poches de pauvreté toujours présentes dans le secteur », indique Mme Langlois.
Elle s’est d’ailleurs exprimée au nom de son organisme au conseil d’arrondissement pour que plus de logements sociaux soient construits dans le secteur. L’organisatrice communautaire a demandé que des unités soient réservées à cette fin dans la reconversion de l’Hôtel-Dieu.
Le conseiller du secteur, Alex Norris, et le conseiller responsable du dossier, Richard Ryan, ont souligné que si un projet privé était mis sur pied et qu’il était résidentiel, il serait en dérogation, puisque l’hôpital est zoné institutionnel. Dans un tel contexte, les élus négocieraient des unités réservées au logement social.
La citoyenne, Hélène Déry a demandé si l’administration avait l’intention de rencontrer le maire Coderre sur la question.
Le maire Ferrandez a répondu que la question était complexe dans le secteur.
« Avec l’administration Tremblay, nous nous étions entendus, il y a deux ans, pour la construction de 400 logements. Finalement, nous en avons seulement construit 300. Il y a de nombreuses embûches dans le Plateau, notamment, les terrains qui coûtent chers. Aussi, presque tout l’arrondissement est construit. Nous avons cependant 600 expulsions annuellement sur le territoire. C’est donc clair que c’est nettement insuffisant », indique M. Ferrandez.