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L'aspect oublié du cancer

Tranchemontagne Daphnée - TC Media
Depuis des années, on entend de plus en plus parler du cancer du sein. Numéros thématiques, articles à l’effigie du ruban rose et campagnes de préventions sont diffusés ad nauseam. Reste-t-il quelque chose qui n’a pas encore été dit sur cette maladie? Le journal Le Plateau a posé cette question à Martine Deblois, survivante du cancer du sein.

Selon elle, l’aspect oublié de cette maladie est la prévention. Pas celle où les spécialistes de la santé recommandent aux femmes de faire l’auto-examen des sens ou de se soumettre annuellement à la mammographie, mais plutôt celle à l’échelle sociétale.

« On parle sans cesse de comment guérir le cancer et d’amasser de l’argent pour la recherche. Par contre, on parle très peu du fait que le nombre de personnes atteintes augmente sans cesse. Il faudrait agit là-dessus, notamment en réduisant la pollution. On peut penser à changer le type de désherbant qu’on utilise ou bonifier l’offre de transport en commun. On ne fait pas assez de lien entre nos comportements collectifs et le cancer. Il faut faire des choix de société. En ce moment, on est pris dans une machine infernale », estime Mme Deblois.

Selon elle, certaines personnes arrivent à faire des « choix différents », mais ce n’est pas donné à tout le monde, puisque cela se répercute sur tous les aspects du quotidien. Même s’il est impossible d’avoir la certitude qu’on a pris la bonne décision, l’important est d’être en paix avec celle-ci.

« Quand j’ai eu un cancer, j’ai évalué les décisions que je pouvais prendre pour m’aider à guérir. Par exemple, j’ai choisi de manger bio, pour éliminer les éléments possiblement cancérigènes, j’ai changé d’emploi pour avoir plus de temps pour moi et ma fille, etc. Si la société faisait des choix en ce sens-là, ce serait plus facile pour les gens qui n’ont pas les moyens financiers de prendre de telles décisions. Il faut que les alternatives soient plus accessibles, car si tu mets de la pression économique sur quelqu’un de malade, c’est impossible de guérir », croit-elle.

Questionnée sur l’industrie du ruban rose et ses dérivés, la résidente du Plateau estime qu’il s’agit d’un « non-sens ».

« La prévention du cancer du sein passe par nos habitudes de consommation. La plupart des objets qui nous entourent, dont les articles promotionnels, sont cancérigènes ou faits en Chine. Il faut arrêter et trouver des alternatives», défend-elle.

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