Résidences touristiques: les tenanciers somment l'arrondissement d'intervenir
« Je vais mettre l’arrondissement en demeure d’appliquer son propre règlement, en s’attaquant aux 400 résidences d’hébergement illégal du Plateau-Mont-Royal », a édicté le propriétaire de l’établissement Atmosphère, dans l’arrondissement Ville-Marie.
À ce jour, il a déposé deux plaintes auprès de l’Ombudsman de Montréal: l’une dénonçant l’application du nouveau règlement municipal, qui selon lui, pénalise les établissements dits « légaux » mais ne prévoit rien pour enrayer les « illégaux », l’autre demandant à ce que les résultats de l’étude réalisée par l’AGTM, l’an dernier, soient dévoilés.
« Cette étude a été payée par une contribution de l’arrondissement, c’est un fait, mais l’argent n’appartient pas au Plateau-Mont-Royal : il appartient aux citoyens. L’enquête qui a été faite n’appartient donc pas au Plateau, mais bien aux résidents. L’administration locale a l’obligation de divulguer ces informations », estime M. Thévenard.
Selon lui, il est important de faire connaître les contrevenants le plus tôt possible, afin de pouvoir les retracer. En un an, le milieu s’est transformé – certains établissements ont vu le jour tandis que d’autres ont fermé leurs portes – et l’étude devrait être refaite pour mettre les listes à jour, plaide-t-il.
Pour le maire du Plateau-Mont-Royal, Luc Ferrandez, il est encore trop tôt pour dévoiler les résultats.
« Notre objectif est de limiter le nombre de résidences touristiques, car nous croyons que bien que certaines soient légitimes, la croissance du nombre d’illégaux met à mal le parc de logements sur le Plateau. Nous avons contacté le ministère du Tourisme, il y a eu des rencontres, puis il nous a dit qu’il n’avait pas les ressources nécessaires pour déceler les contrevenants en analysant les petites annonces. Nous sommes insatisfaits de cette réponse et j’ai interpellé le député Jean-François Lisée à ce sujet. On ne laissera pas aller ce dossier-là », a-t-il dit, indiquant qu’avant de publier les résultats, il souhaitait « travailler dans une attitude positive ». Une rencontre avec le ministère du Tourisme était prévue.
L’AGTM envisage également de prendre des recours légaux contre l’arrondissement, mais aussi contre le ministère du Tourisme.
« Ça devient extrêmement pénible pour les légaux de continuer à subsister dans un contexte pareil. On travaille là-dessus avec un avocat.
« Pour moi, le ministre ne met pas ses culottes et ne défend pas les droits de l’hébergement. Il se doit de protéger le parc touristique légal. »