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Simulation budgétaire : des citoyens mettent un bémol

Tranchemontagne Daphnée - TC Media
À quelques jours de la fin de l’exercice de consultation publique de l’arrondissement Le Plateau-Mont-Royal sur les priorités budgétaires de ses citoyens, le Comité des citoyens de Milton Parc (CCMP) en dénonce la méthodologie.

Dans une lettre ouverte adressée au maire de l’arrondissement, Luc Ferrandez, le 28 août, le groupe soutient que le « simulateur de budget conduit à des conclusions erronées et incomplètes qui donnent une fausse idée de ce que pensent vraiment les résidents » et ce, en raison d’un « biais d’auto-sélection ».

Andrée Deveault du CCMP explique :

« On souhaite faire remarquer qu’il ne s’agit pas d’un échantillon représentatif de la population. J’ai enseigné les statistiques toute ma vie et c’est la première chose que j’ai remarqué. Quand l’arrondissement soutient que 90 % des répondants sont en accord avec l’idée de conserver ou d’augmenter le prix des parcomètres, j’ai sauté au plafond! Les gens qui lisent ça vont penser qu’il s’agit de 90 % de la population, alors qu’il s’agit d’un échantillon de gens qui ont choisi de répondre en visitant le simulateur. On appelle ça un biais d’auto-sélection. »

Le but n’est pas d’abandonner la tenue d’un tel exercice, soutient Mme Deveault, mais plutôt de s’assurer que l’échantillon sondé corresponde réellement à un portrait de la population de l’arrondissement.

« Peu importe le sujet du sondage, lorsque l’on dit : « si vous voulez, allez répondre aux questions », ça fait en sorte que l’étude est nulle et invalide. Du moment qu’une personne est assez intéressée à le faire, on ne s’adresse plus à Monsieur-Madame Tout-le-monde. On ne peut pas tirer des généralités des résultats. Il faudrait que les répondants soient choisis au hasard parmi toutes les classes de la population », fait valoir la mathématicienne.

« Pataugeoire décisionnelle »

Le CCMP déplore également le manque de latitude des répondants quant aux investissements désirés. Dans sa lettre, le groupe qualifie de « pataugeoire décisionnelle » l’ensemble des choix offerts.

« Les choix sont très restreints. Personnellement, lorsque je me suis assise pour compléter le formulaire, j’avais un but très précis : demander davantage de toilettes dans les parcs pour enfants. Impossible, nulle part je n’ai pu écrire ma suggestion! Je sais bien que je peux appeler le 311 mais dans le cadre de la consultation publique, ce n’est pas possible. On est contraint de choisir entre le prolongement des heures de piscine ou les couvercles de puisards qui claquent!

« Quand arrive le temps de soumettre son formulaire, il faut équilibrer son budget. Or, pour avoir des revenus, il faut couper quelque part ou augmenter les taxes, le coût des vignettes ou des parcomètres. On tape encore sur la tête des automobilistes qui sont de véritables vaches à lait », indique Mme Deveault.

Le groupe de citoyens croit qu’il serait possible de trouver de l’argent ailleurs en repensant le modèle bureaucratique et administratif des arrondissements, mais aussi de la Ville-centre.

« On veut éveiller la conscience des gens au fait que cette étude n’est pas représentative et qu’il est important de poser des questions sur les différentes composantes d’un budget. Quand les citoyens demandent un budget participatifs, ce n’est pas ça », affirme-t-elle.

Pour lire la lettre ouverte, on visite le site du CCMP : http://bit.ly/Orm8wE

Pour en savoir plus:

 

Ceci n’est pas un sondage

 

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