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Financement des arrondissements : Ferrandez réagit

Tranchemontagne Daphnée - TC Media
Invité à réagir sur la réforme du financement des arrondissements proposée par la Ville-centre, le maire de l’arrondissement Le Plateau-Mont-Royal, Luc Ferrandez, croit que « l’intention est bonne », mais que l’application des mesures annoncées sera ardue.

« Il y a quelques années, on a eu un budget paramétré, [semblable à celui qui sera implanté], et l’exercice avait été abandonné étant donné le raffinement qu’exige son application », indique M. Ferrandez.

Selon lui, bien que l’instauration de paramètres permette d’avoir une vision globale, elle ne permet pas de rendre compte de toutes les subtilités d’une situation.

« Dans un quartier où il y a plein d’enfants, comme Ahuntsic, on va être porté à investir pour la jeunesse. Par contre, le Plateau est un secteur où on retrouve peu de cours arrières et où, même s’il y a moins d’enfants, il faut davantage investir dans les parcs pour pallier cette réalité », illustre-t-il.

Afin d’éviter que des décisions arbitraires ne soient prises et que « les chiffres ne soient manipulés », le maire Ferrandez propose qu’un comité d’experts externes, nommés par les partis au pouvoir et de l’opposition, soit créé pour évaluer les doléances des divers arrondissements.

Bien qu’il considère que cette mesure constitue un pas dans la bonne direction, M. Ferrandez croit que la manière la plus efficace de revoir le processus de dotation aurait été l’audit, c’est-à-dire de faire des visites des arrondissements pour considérer les caractéristiques des arrondissements et voir comment elles se traduisent, fait-il valoir.

« Contrairement à ce qui a été avancé par Michael Applebaum, président du comité exécutif de la Ville de Montréal, j’ai fait des propositions lors de sa tournée. J’ai proposé la réalisation d’audit, la centralisation de certains services ainsi que les arrondissements Le Plateau-Mont-Royal et Ville-Marie occupent les mêmes bureaux, au cœur du parc La Fontaine pour économiser de l’argent », défend M. Ferrandez.

Dotation versus transfert

La dotation est une enveloppe budgétaire remise à l’arrondissement qui la gère selon ses besoins. En opposition, le transfert est une somme d’argent allouée à un service en particulier.

« Avec la dotation, quand on sauvait de l’argent sur le déneigement, on pouvait le mettre sur la propreté. Avec les transferts, ce n’est pas le cas, car tout doit être documenté. Chaque enveloppe devra être justifiée. La Ville-centre vient mettre son nez dans plein de petits détails », dénonce-t-il.

Selon M. Ferrandez, cette façon de faire n’offre pas davantage d’autonomie aux élus, contrairement à ce qu’avance M. Applebaum.

« S’il croit que la marge de manœuvre d’un arrondissement dépend des revenus de l’évaluation foncière, il se trompe. En 2013, il va couper la dotation, tout en nous donnant le moyen d’aller chercher cet argent-là en taxant. Si les taxes foncières augmentent, on est gagnant, mais si ce n’est pas le cas, on est perdant. C’est sûr que c’est rare que ça diminue, mais on a eu une bulle spéculative et je doute que ça continue. Il s’agit d’une petite enveloppe qui ne peut pas couvrir tous les besoins d’un arrondissement », avance-t-il.

Mesures anti-Plateau?

Malgré ce qu’en dit M. Applebaum, M. Ferrandez croit toujours que la réforme se veut une réplique aux politiques appliquées sur le plateau.

« Est-ce qu’il y a un problème de parcomètre sur la rue Monk? Franchement, c’est écrit en grosses lettres. Le problème des parcomètres est lié au Plateau, et non à Villeray et à Rosemont. C’est normal, c’est ici que ça génère beaucoup d’argent », conclut-il.

Pour en savoir plus:

Réforme de la dotation: autonomie et imputabilité

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