Le «Piano-Mont-Royal »
Le projet « Piano des villes, pianos des champs », chapeauté par l’arrondissement Le Plateau-Mont-Royal, en partenariat avec la Société de développement commercial (SDC) Pignons rue Saint-Denis et l’organisme Les Amis du champ des possibles (ACDP), vise à démocratiser l’art et créer un milieu de vie en mettant à la disposition des passants, jusqu’au 23 septembre, des pianos afin qu’ils puissent s’improviser musiciens.
Joël Pourbaix, directeur général de la SDC, explique comment a germé l’idée:
« On a voulu appliquer le concept des pianos Play me, I’m yours que l’on retrouve un peu partout dans le monde sur la rue Saint-Denis. On n’a pas vraiment de parcs ou d’espaces publics pour de telles activités. Par contre, on a un lieu propice, situé au coin de Saint-Denis et Marie-Anne, et que j’ai baptisé la Place aux trois chênes.
« Ça permet d’occuper la place publique de façon vivante et ludique. Il ne s’agit pas d’un événement ponctuel, mais bien de quelque chose qui s’inscrit dans le quotidien. C’est la force de cette idée. »
Cette initiative fait écho au projet de revitalisation commerciale de la rue Saint-Denis et coïncide avec la tenue de l’événement commercial « Saint-Denis fête l’équinoxe», du 21 au 23 septembre.
Deux autres pianos seront installés sur le territoire de l’arrondissement. Un est déjà disponible à l’angle de la rue Saint-Viateur Est et de l’avenue Casgrain, tandis que l’autre le sera bientôt dans un secteur plus à l’est. L’endroit précis reste encore à déterminer.
« Le fait de passer du côté urbain, ici sur Saint-Denis, au côté plus parc, près du champ des possibles, ça crée une dualité intéressante qui ne fait que bonifier l’idée », indique M. Pourbaix.
Instruments extérieurs
Les instruments ont été achetés spécialement pour l’occasion, à des particuliers qui souhaitent s’en débarrasser. Les pianos ont été accordés et puis peints, par les artistes Cindy Huang et Nadine Samuel, pour leur donner une touche particulière.
« Il y a une époque où toutes les familles avaient des pianos. Ce sont des trésors qui ne sont plus utilisés. On se sert donc du passé pour faire quelque chose dans le présent pour l’avenir », soutient le directeur général de la SDC.
Durant les prochaines semaines, les trois pianos seront accessibles à la population de 10 h à 20 h. Afin de prévenir les vols, ceux-ci ont été sécurisés à l’aide de chaînes. Des bâches ont aussi été prévues pour les protéger des intempéries.
« Chaque nuit, on les recouvre d’une bâche protectrice. En cas de pluie, on a des gens à proximité qui pourront intervenir. Un piano est un être vivant, il est donc normal qu’il réagisse à son environnement. Si nécessaire, on fera accorder les instruments à nouveau », informe M. Pourbaix.
Eve Cournoyer: présente dans son absence
Nadine Samuel, une artiste pluridisciplinaire qui réside sur le Plateau et qui est à l’origine du Virus d’improvisation picturale (VIP), s’est vue confier la transformation du piano situé au coin de Marie-Anne et Saint-Denis. Cette oeuvre a une valeur sentimentale particulière pour la jeune femme.
« Au début, on m’avait demandé de trouver un artiste pour l’inauguration et j’avais approché mon amie Ève Cournoyer qui est décédée. J’ai donc voulu lui faire un hommage. Tout le processus a été douloureux. J’ai demandé à des amis de venir jouer de la musique pendant que je le peignais. J’ai incorporé des coquillages, car elle aimait la mer et des bijoux, parce que j’ai déjà fait de la joaillerie. C’est l’fun, parce que Patrick a décidé de jouer du Érik Satie, une des musiques préférées d’Ève. C’est fou, car on ne s’en était pas parlé. Ève est présente malgré tout », indique-t-elle, annonçant qu’un événement en l’honneur de la chanteuse disparue sera bientôt organisé au même endroit. La date reste à confirmer.
Pour en savoir plus, on consulte le http://bit.ly/Opo8HG.
Pour en savoir plus:
Patrick Watson: un homme et son piano