Allègement fiscal réclamé pour Saint-Denis
Le maire du Plateau-Mont-Royal, Luc Ferrandez et le député de Mercier, Amir Khadir, réclament un allègement fiscal pour des commerces situés sur la Saint-Denis, alors que les travaux ont mis à mal l’artère.
Des commerçants ont perdu jusqu’à 66 % de leur chiffre d’affaires depuis le début du chantier.
Le député de Québec solidaire demande notamment que les petits commerces bénéficient de la même aide que des multinationales reçoivent de la part du gouvernement du Québec.
«On pense notamment à Bombardier ou à Rio Tinto Alcan qui a bénéficié d’un congé de taxes. On peut penser à un congé de taxes pour la période concernée par les travaux. Avec les surplus qu’Hydro-Québec a engendrés, on pourrait offrir de l’électricité gratuite pour passer au travers de cette période», propose notamment M. Khadir.
L’élu de Mercier a aussi réclamé que les baux commerciaux soient encadrés, comme c’est déjà le cas pour les baux résidentiels.
«On est dans une situation de surenchère des baux commerciaux et les commerçants en font les frais. Des commerçants se voient souvent mis à la rue pratiquement, par des prix qui augmentent en flèche, surtout dans un contexte où le quartier est embellit. À la fin de ses travaux, les propriétaires seront tentés d’augmenter les baux ouverts de plusieurs ordres de grandeur», souligne M. Khadir.
Le maire Luc Ferrandez, a proposé deux mesures à l’administration Coderre pour alléger le fardeau des petits commerçants.
«La Ville de Québec a gagné concernant le règlement Robin des bois qui permet de déplacer une partie du fardeau fiscal des petits commerçants vers les très grands commerçants. C’est une mesure qu’on réclame à cor et à cri pour Montréal. La deuxième chose, c’est d’étudier la révision des taxes pour avoir une taxe locative plutôt qu’une taxe basée sur la valeur immobilière», somme le maire.
M. Ferrandez a aussi indiqué que les propriétaires qui décident de laisser leurs locaux commerciaux vacants pendant des années ne paient aucune contribution aux sociétés de développement commerciales et que le fardeau repose ainsi sur les commerces ouverts.
La Société de développement Pignons rue Saint-Denis (SDPRSD) réclame des actions immédiates.
«Le sentiment d’urgence est là. On s’attend à des mesures concrètes rapidement», indique la directrice générale de la SDPRSD, Caroline Tessier.
Elle mentionne que le taux de vacances était de 15% avant le début des travaux, mais qu’il a augmenté de près de 10% depuis le début du chantier.
Des commerçants au bout du rouleau
Le propriétaire de la boutique de vêtements Olam, Charles Abitbol, déplore le manque d’actions de la classe politique dans le dossier.
«Je suis fatigué d’entendre les gens nous faire des analyses, des promesses. Ce sont des gens qui nous représentent. Personne n’a rien fait. Le problème, concrètement, nous payons trop de taxes. Nous payons des taxes en fonction de nos revenus, mais les revenus ne sont pas là. Allégez nos taxes, laissez-nous vivre, pour avoir une diversité de commerces», soutient M. Abitbol.
La copropriétaire du café aux Deux Marie, Amira Doukali, indique avoir perdu le deux tiers de sa clientèle depuis le début des travaux.
«On essaie de couper dans nos dépenses. On a peur de ne pas réussir à passer au travers, surtout que notre loyer est très élevé. Nos employés sont surtout sur appels maintenant. On aimerait être mieux informé par la Ville de Montréal. Il y a eu une variation dans le débit d’eau duquel on n’avait pas été informé la semaine passée et on a brisé notre machine à café», mentionne Mme Doukali.
Cette dernière souligne également que sa terrasse a été légèrement affaissée par l’excavation qui se fait directement à côté.