Hochelaga-Maisonneuve
16:10 23 mars 2020 | mise à jour le: 23 mars 2020 à 16:14 temps de lecture: 3 minutes

Coronavirus : des milliers de couturières se mobilisent pour fabriquer du linge médical

Coronavirus : des milliers de couturières se mobilisent pour fabriquer du linge médical
Photo: 123RFLes gouvernements du Canada et du Québec ont fait appel aux entreprises manufacturières pour aider le pays dans la fabrication de matériel médical.

En réponse à la demande des gouvernements du Canada et du Québec d’avoir de l’aide des entreprises manufacturières pour fabriquer ce dont le pays a besoin pour vaincre la pandémie de coronavirus, une coopérative de couturières a sollicité la participation de couturières volontaires. Elles sont plus de 1700 à avoir répondu à l’appel.

«Initialement, on était à l’atelier et on se disait qu’on allait peut-être trouver une trentaine de couturières», se souvient la cofondatrice de la Coop Couturière Pop située dans Hochelaga, Camille Goyette-Gingras.

Finalement, l’appel à l’action de la coopérative est devenu tellement viral qu’à 9h45 ce matin, 1731 couturières s’étaient portées volontaires. «De toute façon, il y a des besoins au Québec et au Canada, mais il y en a aussi partout dans le monde. Donc je ne pense pas qu’on va avoir assez de bras pour fournir tout le monde», dit-elle.

La main d’œuvre fabriquera essentiellement des vêtements médicaux, comme des blouses ou des tenues (scrubs) médicales. Selon Mme Goyette-Gingras, l’important est d’assurer la salubrité et la stérilisation du matériel. «C’est pour ça qu’on ne voulait pas offrir les masques de type N95. Tandis que les vêtements, eux, sont lavés tous les jours à l’hôpital», indique-t-elle.

Toutefois, elle se dit prête à s’ajuster pour répondre à la demande. «On attend les ordres», ajoute-t-elle.

«Une pierre, deux coups»

Selon Camille Goyette-Gingras, la réponse est aussi positive étant donné que la plupart des couturières ont perdu leur emploi et leurs contrats dans le domaine de la mode. «J’ai reçu des appels crève-cœur de personnes qui n’ont pas accès au chômage ou à l’assurance emploi», explique-t-elle.

Elle pense faire «une pierre, deux coups» en aidant à la fois les couturières et le système de santé.

L’appel à l’action qu’on a fait permet aux couturières d’agir et d’acquérir un sens du devoir.

– Camille Goyette-Gingras, cofondatrice de la Coop couturière Pop

Tout le travail se fera directement de la maison. «C’était la façon la plus sécuritaire de travailler pour éviter de remplir des plancher d’usine de couturières dont les machines sont souvent à moins d’un mètre de distance entre elles», explique l’entrepreneuse.

Les matières premières seront livrées, puis récupérées, directement à la porte de chaque personne «sans contact humain». «Tout va très vite, mais on est en discussion pour savoir comment ça pourrait se passer et avoir un mode de fonctionnement qui est à la fois efficace et assez simple», émet Camille Goyette-Gingras.

La Coop couturières pop est située au 4799 de la rue Sainte-Catherine Est.

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