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Le Parti québécois peut-il remporter un siège à Montréal?

Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois et candidat dans la circonscription Camille-Laurin Photo: Josie Desmarais, Métro

Bien que le Parti québécois ait été rayé de la carte électorale montréalaise en 2018, son chef, Paul St-Pierre Plamondon, a tout de même choisi la circonscription de Camille-Laurin – anciennement Bourget – pour présenter sa candidature.

Selon les projections actuelles disponibles sur la plateforme Qc125 en date du 25 août, Paul St-Pierre Plamondon occupe la troisième place dans Camille-Laurin avec 21% des votes, derrière la candidate de Québec solidaire (QS) Marie-Eve Rancourt (25%) et le député sortant de la Coalition avenir Québec (CAQ) Richard Campeau (34%)*.

Ainsi, malgré son statut de chef de parti, pourquoi Paul St-Pierre Plamondon ne parvient-il pas à se démarquer des deux autres candidats?

bannière élections québec 2022

«Pourquoi le PQ ne serait-il pas en troisième place? rétorque le créateur de Qc125, Pierre J. Fournier. Il n’y a aucun chiffre qui nous indique que le PQ a grimpé à Montréal, aucun. Le PQ a baissé partout au Québec, dans toutes les régions, y compris Montréal.»

Il pourrait avoir une prime à l’urne pour le chef du PQ, concède-t-il, mais cela demeure incertain.

«Jean-François Lisée [ex-chef du PQ] n’a pas eu de bonus dans Rosemont en 2018», rappelle Pierre J. Fournier, précisant que les résultats du PQ dans cette circonscription lors des dernières élections étaient semblables aux résultats nationaux.

Un candidat méconnu

Selon l’animateur et chroniqueur politique Nic Payne, le premier problème avec le chef du PQ, c’est qu’il est très peu connu. «Avant de voir s’il y a d’autres freins à sa progression, le problème de la notoriété est le premier qui se pose», soutient le chroniqueur.

L’autre défi est évidemment selon lui l’impopularité du PQ, qui peine à faire valoir sa pertinence sur l’échiquier politique actuel du Québec.

«On est rendu à l’étape où les gens se demandent s’ils veulent voter pour des perdants», mentionne Nic Payne.

Il y a aussi un processus de remplacement qui est en marche, puisque beaucoup d’électeurs péquistes font le pari de la CAQ.

Nic Payne, animateur et chroniqueur politique

Le chroniqueur croit tout de même que le choix de la circonscription de Camille-Laurin par le chef du PQ est intéressant. Il rappelle que les résultats électoraux de 2018 dans Bourget étaient serrés et que les endroits à Montréal où le PQ a des chances de l’emporter sont peu nombreux.

Miser sur l’indépendance

L’une des différences par rapport aux élections de 2018, c’est que le PQ met clairement l’accent sur son message indépendantiste. Est-ce que cette stratégie pourrait faire une différence?

«Pour l’instant, la réponse est non, soutient Pierre J. Fournier. Cependant, la campagne commence à peine

Même son de cloche du côté de Nic Payne, qui n’est pas convaincu que le message se soit encore rendu aux oreilles de l’électorat péquiste. Si le PQ y parvient, le chroniqueur croit en revanche que le parti fera des gains.

Miser sur la souveraineté, c’est une stratégie gagnante pour le PQ, abonde Pierre J. Fournier. «Les derniers sondages qu’on a eus au mois de juin disaient que 30% de la population québécoise était favorable à la souveraineté. Le PQ est à 10%. Si les souverainistes reviennent au bercail, même juste un peu, le PQ va grimper.»

Le chargé de cours au Département de science politique de l’UQAM André Lamoureux ne croit pas de son côté que ce soit une bonne stratégie dans les présentes élections, même s’il soutient que cela ne signifie pas que le projet souverainiste est mort pour autant.

Je n’ai aucun doute que si jamais la Cour d’appel et la Cour suprême bloquent la perspective de la laïcité pour le peuple québécois, l’aspiration pour l’indépendance va rebondir fortement.

André Lamoureux, chargé de cours à l’UQAM

C’est juste une question de «momentum», ajoute André Lamoureux.

Nic Payne pense à l’inverse que cette stratégie aurait dû être adoptée plus tôt. «C’est possiblement trop peu trop tard, dit-il. Mais, par ailleurs, le Parti québécois est obligé d’aller là, parce qu’il n’y plus d’espace à sa gauche – Québec solidaire occupe tout le terrain. Et, pour ce qui est du bon gouvernement provincial nationaliste qui pourrait peut-être ouvrir un affrontement avec Ottawa, c’est la CAQ qui occupe tout le terrain.»

André Lamoureux croit en effet que le PQ s’est fait damer le pion par la CAQ sur «les enjeux de la nation québécoise», notamment les batailles sur l’immigration, la laïcité et la langue française.

La faute incombe selon lui aux tentatives de rapprochement du PQ avec QS avant les élections de 2018. «La convergence avec Québec solidaire, ç’a été un échec total», juge-t-il, pointant les tendances «communautaristes» du PQ à cette époque.

C’est lors de cette période que la CAQ en a profité pour s’emparer de ces enjeux, conclut-il.

*La marge d’erreur est de plus ou moins 6%.

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