« Il faut poursuivre le combat de l'égalité »
Ce constat est un parmi d’autres que dresse Carole Poirier, députée de Hochelaga-Maisonneuve, à quelques jours de la Journée internationale des femmes qui se tient le 8 mars.
Si certaines femmes n’aiment pas trop s’afficher en tant que féministes, ce n’est pas le cas de la députée.
« Je me décris comme une féministe engagée. Je suis contre toute forme d’exploitation à l’endroit des femmes. Traite des femmes, prostitution, violence conjugale, je ne crains pas de prendre position et lorsque nécessaire, de dénoncer les situations qui méritent de l’être. »
Sur le plan de l’égalité, plusieurs progrès ont été enregistrés au fil des ans, soutient-elle, mais il y a encore du travail à faire. Il y a des embûches dans l’accessibilité à la promotion pour les femmes.
« Il y a de grandes entreprises privées qui sont fermées à accueillir des femmes au sein de leur conseil d’administration. À compétence égale, il n’y a aucune raison pour qu’elles ne puissent pas atteindre le haut de la pyramide.
« C’est un mythe de croire que les femmes ne veulent pas accéder à de tels postes de direction. Il faut seulement leur en donner l’occasion. »
Dans certains secteurs d’activités, les femmes sont grandement sous-représentées. Pour changer la donne, Mme Poirier mise sur la sensibilisation et l’information. Des programmes, comme « Chapeau les filles », qui font la promotion de métiers non traditionnels auprès des femmes contribuent à faire avancer les choses. Elle aimerait qu’il y ait plus d’initiatives de ce genre.
Lors de ses diverses rencontres avec des élèves ou étudiantes, elle se fait un devoir de leur souligner qu’avec du travail et des efforts, tout est possible. Le sexe d’un candidat ne devrait jamais être un critère d’embauche, leur rappelle-t-elle.
La Journée internationale des femmes est une occasion privilégiée de sensibiliser les nouvelles générations au chemin parcouru, ajoute la députée. Celles-ci n’ont pas toujours conscience des combats qui ont été menés. Elles prennent certains droits obtenus comme des acquis.
« Quand on voit que le droit à l’avortement est sans cesse remis en cause, alors que c’est une question réglée depuis plusieurs années, il ne faut jamais baisser la garde. Nos droits sont fragiles. »
Malgré tout, la députée demeure optimiste.
« Être optimiste ne signifie pas de voir la vie avec des lunettes roses. C’est plutôt de se donner des objectifs et de chercher sans cesse à les atteindre. Ensemble, nous pouvons faire changer les choses. »