Policier : un métier pour les passionnés
Dominique Paillé et Michael Sauvageau cumulent près de 35 années d’expérience au sein du Service de police de la Ville de Montréal, dont plus d’une vingtaine dans le quartier d’Hochelaga-Maisonneuve.
« Avec l’expérience, tu développes des aptitudes. Notre faculté d’observation, par exemple, a été modelée par nos tâches et notre instinct. Nous regardons toujours la personne qui conduit et qui est à bord du véhicule. Nous nous adaptons aussi au secteur où l’on patrouille, car chaque territoire possède des réalités différentes », indique l’agent Paillé du PDQ 23.
Un homme différent
Côtoyant la violence verbale, physique et psychologique régulièrement, les deux agents avouent qu’après autant d’années de service, ils ne sont plus la même personne aujourd’hui qu’à leur début en uniforme.
« Chacun a son propre mécanisme de défense. Je ne suis plus le même homme, je n’ai plus la même vision sociale ni la même façon d’agir. Je suis plus sur la défensive et je suis plus difficile d’approche. Je suis plus craintif, car je côtoie la violence à longueur de journée et je peux me faire tirer dessus. Je suis plus suspicieux », admet l’agent Sauvageau.
D’ailleurs, il faut toujours demeurer discret quant à l’endroit où habite un policier, poursuit-il. L’officier ne doit pas aller à son domicile lorsqu’il est en patrouille, ni quitter son domicile ou revenir de son quart de travail en uniforme.
Pour ne pas sombrer dans le cynisme, la peur ou la paranoïa, les policiers se sont toutes forgé une bonne carapace, ajoute l’agent Paillé. « Il faut dédramatiser, fait-il valoir. Moi j’ai un bon sens de l’humour et ça m’aide. C’est difficile parfois, je l’avoue. Avoir un bon partenaire est aussi un bon élément. Tu passes huit heures par jour avec lui et une relation privilégiée se forme. Quelques fois, tu le connais plus que ta conjointe. »
Même s’ils sont en contact avec la violence et la mort, qu’ils doivent travailler pendant les fêtes ou pendant de fortes intempéries, les deux officiers sont passionnés par leur métier.
« J’aime beaucoup mon travail. J’aime être dehors et faire des patrouilles, de répondre à des appels ainsi que l’interaction avec mes collègues. Je suis content d’être devenu policier. J’ai une vision de la société que je n’aurais jamais eu autrement », mentionne l’agent Paillé.
« J’ai choisi ce métier pour l’action, laisse savoir l’agent Sauvageau. Je ne rapporte jamais de travail à la maison, ce que j’apprécie. Je ne sais pas ce que je vais faire dans 30 secondes. C’est toujours de l’inconnu et c’est ce que j’aime le plus. »