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Le retour de monsieur Harper

Bien installé dans une loge de la Place Banque Scotia afin d’assister à une partie des Sénateurs d’Ottawa, Monsieur Stephen ingurgite son troisième hot-dog et sa troisième Molson Canadian, en attendant ses marionnettes pour une réunion au sommet.

Lorsque la porte s’ouvre, Monsieur Stephen a la désagréable surprise de voir entrer le sénateur boxeur défait lors d’un combat contre un adversaire libéral.

– Comment oses-tu te présenter ici. Tu n’es rien d’autre qu’un perdant! s’emporte Monsieur Stephen. Si je pouvais, je te destituerais de ton poste de sénateur mais heureusement pour toi, il est assuré à vie.

– Je tenais à m’excuser en personne. Et je voudrais la chance de me reprendre.

– Va me chercher des Timbits. On verra à ton retour.

Lorsque le sénateur sort, les marionnettes Alsama et Grenouille prennent place dans la loge.

–  Tenez, dit Alsama en tendant une feuille à Stephen. C’est les questions et les réponses pour votre entrevue avec Donald Lacerise à la télé nationale. Ça aura lieu après la première période.

– Merci, répond Stephen en jetant un œil sur la feuille. J’ai bien hâte de rencontrer cette légende du Canada. Dommage que son contrat ne sera probablement pas renouvelé.

– Vous pourriez le nommer sénateur ? propose Alsama.

– Excellente idée. Vous irez loin dans mon cabinet.

Sur la patinoire, une dame s’avance au centre de la glace et entame l’Eau Canada. Tous se lèvent d’un bond la main sur le cœur… sauf Grenouille, perdu dans ses pensées. De sa main libre, monsieur Stephen lui donne une claque derrière la tête. Grenouille se lève et porte la main à son cœur.

L’hymne national terminé, Monsieur Stephen verse une larme, ému.

– Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée l’entrevue télévisée, dit Grenouille.

Monsieur Stephen le foudroie du regard. Visiblement, son opinion n’est pas la bienvenue.

– Et pourquoi donc ? s’exaspère Monsieur Stephen.

– Ben… vous venez d’amputer leur budget de plusieurs millions.

–  Et ? Que voulez-vous qu’ils fassent ? Qu’ils descendent dans la rue et protestent ? rigole Monsieur Stephen

–  On ne sait jamais. Regardez les étudiants chez Nous.

–  Hé bien on fera pareil que Frisou, on s’en foutrera.

–  Mais il va y avoir du grabuge !

–  Ça nous donnera l’occasion d’utiliser notre nouvelle loi C10 !

Les Sénateurs comptent un but. C’est la folie dans l’aréna. Monsieur Stephen continue :

– De toute façon, ils prétendent être capables de faire des miracles avec peu de moyens. Ça va juste les forcer à être encore plus créatifs !

– Ça ne touche pas juste les artistes, ça touche aussi les journalistes.

– Encore mieux alors. Aussi bien garder notre peuple dans l’ignorance si on ne peut contrôler l’information.

–  Ça ne peut pas être les seules raisons ? s’obstine Grenouille

– Bah, il y a évidemment le fait qu’il faut que je trouve l’argent pour compenser les 10 milliards de plus que coûteront nos F35. La nouvelle égérie du Canada !

Monsieur Stephen suit des yeux des F35 imaginaires. Mal à l’aise, Grenouille porte son attention sur la partie de hockey. Alsama prend la relève :

– Avant que j’oublie Monsieur Stephen, vous allez pouvoir dormir tranquille ce soir. Le registre des armes à feux est bel et bien mort. Le Sénat s’en est occupé aujourd’hui.

– Je n’ai pas de mérite. Tu nommes tes amis et le tour est joué.

– Vous êtes trop modeste Monsaigneur. Vous avez tout de même réussi à faire fermer l’organisme Droits et Démocratie.

– Bah, tout ça est dépassé. Aussi bien amputer ces boulets de l’avancement, non ?

– Bien sûr ! se pâme Alsama devant son Maître à penser.

Grenouille se retient de toutes ses forces pour ne pas répliquer, sachant très bien qu’on ne l’écoutera pas. Comme on dit chez lui, les conditions gagnantes n’y sont pas.

–   Coudonc, t’es ben silencieux Grenouille, se moque Alsama.

–  Ben oui, on dirait que tu n’as pas de voix au chapitre ! renchérit Stephen.

Les deux s’esclaffent en se tapant sur les cuisses.

Grenouille se lève et s’apprête à sortir lorsqu’il reçoit la porte en plein visage. Il s’effondre par terre, inconscient. Le Sénateur est de retour avec les Timbits qu’il donne à Monsieur Stephen qui lui dit :

– Tu vois quand tu te forces. Tu peux mettre n’importe qui K.O.

Puis il pige un premier Timbit.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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